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Faune tricolore

Publié le par Les Malaugenoux

Je suis tombé nez à "nez" avec lui, Buffo buffo, sous l'aître. Il prenait le frais dans le tou (pas le trou !). Ses yeux rouges, dans l'obscurité, auraient pu être ceux d'un cerbère à l'entrée des enfers :

Tandis que ceux de Macao, notre dernier chaton, très réussi par sa mère toute noire, avec l'aide d'un père siamois sans doute (Il n'y a pas très loin du Siam à Macao), complèteraient, si les larves de xylophage avaient des yeux ils seraient blancs,

les couleurs françaises :

Sur le front des travaux, la citerne d'eau de pluie est prête pour l'essai en charge, plût aux cieux de verser quelques larmes,


paraît agrandir le palais, par en-dessous,

et je comprends encore mieux pourquoi les Ksars du sud marocain résistent aux siècles, alors qu'ils ne sont que d'argile ("colosse aux pieds d'argile" est une métaphore qui repose sur un malentendu), puisque la coulée de boue qui, l'automne dernier, a détruit le muret de la géothermie, a tellement bien durci jusqu'à la consistance du pisé, proche de celle du béton, je dois l'attaquer avec Ex-calibur, mon marteau-piqueur :

Publié dans Faune pouletmontoise

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Caler la maison (finir de) et la remplir

Publié le par Les Malaugenoux

Non ce n'était pas fini de caler (voir le début du calage), tout pouvait encore s'écrouler, donc blindage minéral du gore et, pour remplir (les photos de la fin), construction (horreur, au mm près) d'un "dressing", pour employer un mot anglais à la mode en France et dont on ne sait pas qu'outre-atlantique, il signifie  "sauce à salade", le "French dressing" étant notre bonne vieille vinaigrette. Donc en France nous rangeons nos vêtements dans la vinaigrette, ça conserve et... ça éloigne les poux. La photo du mileu, c'est celle du "flambé", le cousin du Machaon, dont la chenille habite nos pellorciers (pruneliers en français parisien).








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Ardéchoise 2009

Publié le par Les Malaugenoux

A l'occasion de l'Ardéchoise, plusieurs groupes se sont succédés autour d'une table bien garnie :


Dès le mardi soir les ados d'un IME pour l'Ardéchoise des Enfants...


Le mardi soir les amateurs de l'Ardéchoise en trois jours bichonnés par Françoise..

puis ceux de l'Ardéchoise en deux jours amusés par Bernard


et le groupe boute-en-train de l'Ardéchoise à toute vitesse...




séduit par le dernier rejeton de nos chattes de garde
 

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le mystère de la vipère aquatique enfin élucidé

Publié le par Les Malaugenoux

L'an dernier j'avais aperçu avec grande surprise une vipère aspic dans le lavoir. J'avais essayé en vain de l'attraper car il n’est pas recommandé, le sait-on assez, d’attraper une vipère à pleines mains sans lui avoir d’abord coincé la tête, ce qui est impossible dans l'eau. L'autre jour par contre, j'ai vidé le lavoir et je l'ai coincée. Tout ressemblait à l'aspic, sauf...


l'oeil, trop rond. Et l'absence de crochets à venin. Il s'agissait en fait de la couleuvre vipérine dont le livre dit qu'elle a été massacrée à cause de sa ressemblance avec la vipère. Celle-là, je l'ai relâchée dans le massif de consoude.

Publié dans Faune pouletmontoise

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L'inauguration des voisins

Publié le par Les Malaugenoux

17 mai, nos anciens voisins de Lardenne (déesse celte)  et nos nouveaux voisins de Piquet (dieu pointu) nous rejoignent autour de la table d'hôte élargie :










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20 - Limousinerie

Publié le par Les Malaugenoux

 Résumé des épisodes précédents : Françoise et Bernard ont racheté en 1994 la ferme de l’arrière-grand-père de Bernard, à Montpoulet, Saint-Victor. Depuis la région parisienne, ils viennent d’abord y passer leurs vacances et débroussaillent. Ils retrouvent la source, découvrent une faune fabuleuse tandis que la configuration cabalistique des fondations de la ruine les fait rêver d’un trésor. Ils obtiennent leur mutation en 1997 et viennent s’installer dans une caravane doublée d’un auvent. Leur première demande de permis de construire est refusée puis acceptée, suite à un recours gracieux appuyé par député et conseiller général, mais il leur faut déposer une nouvelle demande.

              Comme en attendant le résultat de cette nouvelle demande (une simple formalité, pensions-nous) j’avais commencé la maçonnerie, ici aussi en attendant, j’ai envie de vous parler maçonnerie. Suis-je maçon ? Oui un peu, pour des raisons politiques, vous vous rappelez, quand j’étais un jeune con. Quand on milite à l’extrême gauche, il est de bon ton d’être un prolétaire. C’est pour cela que certains se font postier, d’autres paysan dans le Larzac, ou employée de banque. Mais finalement, je ne suis pas plus maçon que le moustachu n’est paysan, ou la gueule d’ange facteur ; c’est juste le temps de faire la révolution, juste le temps d’accéder au pouvoir, comme un Guevara en quête d’(e pouvoir) absolu, un Gandhi assoiffé de sainteté ou un King pressé de plaire aux femmes. Dans mon cas, la politique m’avait vite lassé, il fallait écrire les tracts dans le style CGT, pas question de faire des vers ou même de l’humour, j’ai donc commencé à préférer la maçonnerie.

Et à Montpoulet j’ai découvert que j’étais vraiment fait pour cela, pour faire de la maçonnerie sur un terrain pentu, une sorte de prédestination : j’ai une jambe plus courte que l’autre. Un médecin avait trouvé cela pour expliquer mes maux de dos survenus dès l’adolescence, la bascule du bassin se répercutant dans la colonne. Et quand on a une jambe plus courte, évidemment, on est mieux adapté pour marcher le long d’une pente. A condition bien sûr de n’avoir pas à faire demi-tour.

Ensuite, en remontant les murs de pierre, je me suis progressivement rendu compte que mon coude aussi me prédestinait. J’ai d’abord remarqué que la largeur des murs était d’environ 50 cm, et puis, à force de suer dessus, à force de mêler mon corps à la pierre, j’ai constaté que la largeur des murs correspondait précisément à la distance entre la pointe de mon cubitus et le bout de mes doigts étendus, c'est-à-dire à une ancienne coudée qui variait d’un chantier à l’autre. Et l’ « environ 50 cm », je l’ai mesuré, il était exactement de 52,36 cm.

Et puis, lorsque j’ai voulu monter les murs à angle droit, une erreur comme le lecteur s’en souvient puisque la flèche constituée par les fondations pointe vers le trésor, j’ai appliqué le théorème de Pythagore. Comme le faisait mon père ouvrier maçon. Comme Monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir, mon père faisait du Pythagore sans en avoir jamais entendu parler ; il appelait cela le "système 3-4-5". C'est-à-dire que si l’on trace, à partir d’un angle, quatre mètres d’un côté et trois mètres de l’autre, les points obtenus doivent impérativement être à 5 m l’un de l’autre pour que l’angle soit droit. Pythagore disait pareil, mais de façon plus compliquée : "le carré de l’hypoténuse, jouez trompettes et cornemuses, est égal à la somme des carrés des côtés", comme le lecteur l'a appris à l'école j'en suis sûr. N’ayant pas la place de mesurer quatre mètres, j’ai voulu réduire les côtés à 1 et 2 m. L’hypoténuse, alors, aurait dû être la racine carrée de cinq (1x1 + 2x2). J’ai donc calculé et j’ai trouvé 2,236 et j’ai remarqué qu’en ajoutant tous les côtés de ce nouveau triangle, j’obtenais 5,236 ; ma coudée en décimètres !

 

         Je commençais là à entrer dans un domaine ésotérique qui me donnait le frisson. J’essayai toute sorte de calcul et quand je multipliai par exemple la longueur de ma coudée par 6, j’obtins 3,1416, le nombre Pi ! La fièvre me saisit, j’essayai encore et quand je divisai par deux ma coudée moins le grand côté, j’obtins, sonnez cornemuses et fifrelins, le Nombre d’0r, 1,618 !!!

Alors là j’ai dû m’asseoir et faire le point : j’ai une jambe plus courte que l’autre, bon, passe encore, mais que mon coude corresponde à la largeur des murs et que ma coudée  ait des relations intimes avec Pi et avec le Nombre d’Or, c’était beaucoup trop pour un seul homme.

 

Mais je me suis dit que cela pouvait être un indice supplémentaire pour trouver le trésor et je me suis lancé dans la maçonnerie à corps perdu, si l’on peut dire. Mais alors attention, pas n’importe quelle maçonnerie, la vraie maçonnerie, la « limousinerie », ou la maçonnerie de pierre à l’ancienne, du temps où les maçons venaient presque tous de la Creuse, dans le Limousin.

La maçonnerie pour moi ce n’est pas fabriquer un moule pour y couler un produit industriel que vous livre le camion toupie, ce n’est pas empiler au cordeau des éléments préfabriqués achetés au supermarché. C’est, comme le fait si bien l’hirondelle ou la guêpe maçonne, assembler des éléments de la nature prélevés dans l’environnement immédiat et les assembler un à un de telle sorte que rien n’indique au début du travail ce que sera le résultat final, rien, sauf dans l’esprit du maçon.

Le limousinant est donc le maçon qui bâtit avec des pierres. Ses pierres sont ses mots. Il en a des milliers à sa disposition, de mille formes différentes, et des millions de combinaisons possibles. Monter un mur de pierres, c’est donc comme écrire. La façon dont il assemble ses pierres est le style du maçon. Et tous les maçons n’écrivent pas de la même façon. Il y a par exemple le maçon débutant, le maçon encore illettré qui ne respecte pas les conventions d’écriture et dont l’appareillage souffre de « coups de sabre », sans boutisses liaisonantes, toutes fautes de langue qui à terme mettront en péril la solidité de son ouvrage. Il y a pire, c’est le maçon analphabète chez qui le mortier de ciment sert de colle pour lier artificiellement des mots-pierres qui forment alors des contresens, voire des non-sens et qui ne resteraient jamais ensemble à sec, qui ne veulent finalement rien dire à l'oeil de l'esthète et le privent de son émotion artistique.

 

Ah oui, parce que bien sûr, le grand art en la matière, les meilleurs écrivains maçons vous le diront, c’est la « pierre sèche ». Toutes les terrasses d’Ardèche sont construites ainsi et lorsque les murets soutiennent la terre, aucune faute d'orthographe n’est permise, et il faut connaître sa grammaire sur le bout des doigts. Certains sont de vrais chefs d’œuvre qui maîtrisent la métaphore, la parabole et le monologue intérieur. Evidemment, tous les effets de style ne sont pas possibles selon le type de pierre qu’on emploie. Il s’agit là véritablement de langues différentes. Ecrire le granite de l’Ardèche verte prête à moins de modes narratifs que le calcaire de l’Ardèche méridionale. Par contre, comme il est plus difficile à manier, beaucoup plus dur à tailler, le plaisir d’en créer une pleine page qui tienne debout est plus vif, la fierté de conclure son ouvrage par une voûte plein cintre borde au sublime, et bâtir en granite, c’est travailler pour l’éternité, c'est un avant-goût d'immortalité !

 

Mais voilà que je vous parle de la maçonnerie sur un ton prétentieux alors je ne suis qu'un bien piètre maçon, incapable de garder l’aplomb bien haut, ou le niveau bien loin. Et j’aurai même souvent à Montpoulet l’impression de donner dans l’art éphémère puisque plusieurs murailles que je bâtirai à sec s’écrouleront orage après orage. Mais je reviendrai vous parler plus tard de mes déboires en maçonnerie, car avant de bâtir, il m’en faut l’autorisation. Pour l’heure, revenons au permis de construire, qui va nous être encore refusé, comme je vous le raconterai la prochaine fois.

 

  

 Quelques exemples d’appareillages en granite à Saint-Victor :

Appareillage d’assises régulières, style professionnel mais sobre, détail :

Coups de sabre (apparents, sinon réels) en haut.

Style beaucoup plus brouillon, non sans poésie, travail d’amateur sans doute…

Fausse pierre sèche aux multiples effets de styles, du gros mot à la métaphore d’ouverture à effet d’arc de décharge, avec conclusion en voute de pierres brutes :

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Crémaillères en chaîne

Publié le par Les Malaugenoux

D'abord la maman de Bernard, la seule indigène des lieux :
 

Puis les frères de Françoise :
 

et enfin son fils aîné et petits enfants :
  

tandis que Roger converse avec Patchouk enceinte, près du bachat aux gargouilles...
 

que les miroirs réflètent les regars émerveillés...               

 

et que françoise, enfin, jubile d'avoir sa grande maison :
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Table d'hôte

Publié le par Les Malaugenoux

La table d'hôte vient d'être installée
(qu'est-ce qu'on mange ?)






Les salamandres ont commencé à poncoucher,
(elles sont ovovivipares)
C'est le printemps à Montpoulet :



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Caler la maison avant de la charger

Publié le par BMx

Les anciens ne s'embêtaient pas, leurs fondations n'étaient pas profondes:

fondations-et-citerneN0698.JPG
(tiens, les photos sont pas bonnes du tout) 
donc il faut bâtir par en-dessous:

fondations-et-citerneN0702.JPG


un sous-bassement qui constituera le côté d'une réserve d'eau de pluie. En profiter pour refaire le côté du lavoir (au premier-plan ; à l'arrière plan le premier sous-bassement construit "par en-dessous" le contrefort le plus éloigné)

fondations-et-citerneN0699.JPG


...et dans les pierres  du lavoir, bien au chaud pour l'hiver dans l'argile et la glaise :
 

 une douzaine de sangsues ! Savait-on qu'il en existât par là ?


 et une discoglosse ! Grenouille ou crapaud ?

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19- (Il n’est pas) Permis de construire

Publié le par BMx

 

           

              Pour monter notre dossier de permis, nous avions fait appel à un entrepreneur de maçonnerie qui avait fait le déplacement en compagnie d’un jeune architecte stagiaire. Nous apprendrons plus tard que la visite (les pierres émergeant à peine des broussailles, le chemin même pas accessible à un véhicule léger) avait persuadé l’entrepreneur que nous n’y arriverions jamais. Le jeune architecte par contre s’était enthousiasmé pour le projet et nous avait proposé de superbes idées. Il avait conçu, pour le petit bâtiment, une idée géniale qui mêlait le bois à la pierre, et rebondissait sur l’état actuel de la ruine, comme éventrée par une explosion, pour en augmenter la surface par des excroissances vitrées un peu à la façon des « bow windows » des maisons anglaises. Malheureusement, je ne me sentais pas de taille à réaliser le travail. Il me fallait de la maçonnerie simple et traditionnelle, le bois m’était complètement étranger.

            Tellement étranger que je n’aurais pas su à mon arrivée ici distinguer un frêne d’un alisier ou d’un sorbier. Mon ignorance s’étendait au bois de chauffage et m’a valu une honte cinglante. Ma grand-mère habitait toujours le village proche de Navas et se chauffait toujours au bois, avec un foyer à même le sol de sa cuisine, comme cela se pratiquait depuis des… millénaires. Elle trouvait difficilement à s’approvisionner et lors de ses visites à Montpoulet, elle ne manquait pas de faire remarquer que tous les pins que nous avions abattus pour ouvrir les chemins (et qui, d’après Maurice, « ne valaient même pas le coup de tronçonneuse »), et bien selon elle, « il y en a qui s’en contenteraient bien pour se chauffer ». Je lui apportai donc ce que je pouvais transporter en voiture, pêle-mêle, sans trier.

J’avais pourtant bien intégré sa leçon en matière de bois de chauffe : « Mémé, quel est le meilleur bois pour se chauffer » lui avais-je demandé un jour en pensant « quelle essence de bois, est-ce le frêne, le fayard ou quoi ? » et elle m’avait répondu, en ménageant son effet, toute paysanne rusée qu’elle était : « le meilleur bois pour se chauffer, mon petit, et je peux te le dire puisque j’ai brûlé du bois toute ma vie, et bien, c’est le bois… sec ! ».

            Et je lui en avais donc apporté du bois sec, très sec, qui était au sol depuis longtemps. Et m’était revenue indirectement la réflexion selon laquelle je me serais moqué d’elle en lui apportant du bois sec, soit, mais pourri. Une deuxième leçon en quelque sorte.

 

            Le jeune architecte s’était donc remis à la tâche et s’était occupé de tout le dossier. J’avais rajouté un petit couplet sur la ténacité légendaire des Ardéchois, ténacité dont nous nous faisions fort d’hériter pour remonter la ruine. Et d’un autre couplet sur « Montpoulet, patrimoine familial et patrimoine ardéchois » grâce à Geneviève, la secrétaire de mairie, qui avait dégotté l’ancien cadastre qui prouvait qu’il y avait là, jusqu’en 1968, deux vraies maisons soumises à l’impôt foncier. Nous pressentions bien sûr que la transformation d’alors, par destruction des toits, du « bâti » en « plantation » allait nous valoir quelques problèmes. Pleins d’entrain malgré tout, nous avions poussé le zèle, l’architecte jusqu’à donner la référence des tuiles dont nous couvririons les toits, de l’Oméga 10 « vieux toits », et nous jusqu’à faire à nouveau analyser notre eau de source.

            La première analyse, juste après le curage de captage en 1994, avait donné un résultat tangent, le laboratoire indiquant qu’il était déconseillé de donner à boire cette eau à des nourrissons. Cette fois-ci, par précaution, nous demandons l’analyse de deux échantillons. Le premier, étiqueté « source principale », est en fait de l’eau de source vendu en bouteille, et le deuxième, étiqueté « source de l’Ubac », provient en fait de la source principale. Les deux reviennent attestés « conformes à la réglementation des eaux de distribution publique », ouf, mais en regardant bien les détails de l’analyse, nous nous rendons compte que notre source est plus encore plus pure que l’eau du commerce.

            En pure perte hélas. La réponse est rapide, notre permis est refusé. L’inspecteur de la DDE n’a vu qu’une chose lors de sa visite et il me l’explique au téléphone : « Vous savez, on a l’habitude, quand il n’y a plus de toit depuis plusieurs années et que des arbres ont poussé sur les pierres, c’est que la maison n’existe plus. Votre demande équivaut à construire une maison neuve en pleine nature au sommet d’une montagne, et j’ai été bien gentil de ne pas verbaliser le stationnement des caravanes ».

            Nous résolvons d’abord ce dernier problème. Françoise, au moment où je termine ma conversation avec le fonctionnaire de la DDE, revient de visiter une maison à louer à St Félicien. Ce qui m’y plait par-dessus tout, c’est qu’elle est chauffée au bois. Voilà de quoi m’aguerrir à la pratique et ne plus confondre bois sec et bois pourri. Et avec cette nouvelle adresse de vraie maison conventionnelle, nous obtenons le permis de… camper sur nos terres.

           

Pour l’autre permis, le gros le vrai, l’heure est grave, il va falloir batailler ferme. Nous commençons par écrire à tout ce que nous connaissons comme élus locaux. Conseiller général et député nous assurent de leur soutien. Celui du député va se révéler particulièrement précieux dans la mesure où le préfet répond personnellement à ses courriers (et pas aux nôtres) et où son attaché parlementaire, très zélé, nous transmet systématiquement copie des courriers du préfet comme du sous-préfet. Même ceux qui, manifestement, n’auraient pas dû échapper à la sphère des puissants. Et cela nous sera très utile.

            Mais nous n’en sommes qu’au « recours gracieux » suite au premier refus. Cela donne très vite ses fruits et, autour de Noël 1998, le Maire de St Victor et ses deux adjoints viennent nous annoncer, en toute sympathique jovialité, que l’affaire est faite, que le sous-préfet de Tournon, monté tout spécialement pour régler l’affaire identique d’un jeune couple de voisins, avait décidé de se montrer magnanime en réglant également le nôtre. Cela sera confirmé par le fameux courrier que nous n’aurions jamais dû avoir, et où le représentant de l’état, s’adressant au député, commencera par reconnaître que notre « reconstruction du bâti pourrait être tolérée » puis, « après examen approfondi du dossier, considérant (…) qu’il est préférable de maintenir des habitants dans une zone rurale fragile » et de nous « délivrer un permis de construire ». Chaque mot, on le verra, comptera. Nous trinquons donc à la visite fructueuse du sous-préfet aux champs.

            Le seul hic, c’est que la DDE nous demande ensuite de déposer une nouvelle demande pour que le dossier, qui ne bute maintenant plus sur un refus de principe, puisse être « instruit » comme c’est le cas habituellement. Nous nous exécutons en toute confiance, loin de nous douter que la DDE allait s’acharner et trouver un moyen subtil pour que cette deuxième demande de permis soit également refusée, et par la plus grande autorité du département. Quel moyen ? Je vous le dirai la prochaine fois.

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