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64 articles avec au fil des jours - de temps en temps

Envol depuis la terrasse

Publié le par Prince Bernard

Envol depuis la terrasse (merci Louis et Leena), vue sur le sud de la Principauté ainsi que sur la Confédération des États du Sud. Au loin les préalpes dont Les Trois Becs. Le temps n'est pas très clair, on n'aperçoit donc pas, comme d'habitude, Dhulikhel, le col entre Katmandou et la frontière chinoise. Rotation par la gauche ; on aperçoit bien les ruines du site prépoulemontois de Ternaud, puis la vallée du Rhône, au loin le Mont Blanc et enfin le village français de Saint-Victor-aux-Trois-Clochers.

Le coup d'œil circulaire se termine sur la propriété voisine de La Poulaire, dont on aperçoit bien la piscine puis l'on redescend sur le centre de la Principauté avec un autre mouvement tournant, vers la droite cette fois, pour embrasser la façade sud-est du Palais Principal.

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No-fly zone over Mountchicken

Publié le par Prince Bernard

Principauté de Montpoulet,

Montpoulet, Chemin de Montpoulet, etc.

 

Prince Bernard-Régis, Commandeur de l’ordre de la Salamandre Écarlate, Chevalier Servant de la Bicyclette et des  Palmes Académiques.

Cabinet du Prince le 11 décembre, an 16 de l’Agirvitébien.

 

à

 

Monsieur le Général de Brigade Aérienne Éric AXXXXXX, commandant la  Base Aérienne, 701 de Salon de Provence, Chemin Saint Jean, 13661 Salon de Provence

 
 
 

Voilà bientôt vingt ans que nous habitons la Principauté. À notre arrivée en provenance d’un village près de l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, nous nous sommes de suite étonnés d’entendre les avions beaucoup plus que là-bas. Nous avons donc décidé d’interdire le survol aux trop bruyants d’entre eux. La pancarte fut placée face au ciel dans un endroit dégagé non recouvert de végétation.

 
Cela n’a strictement rien changé. On nous a dit que comme nous étions sur un point géodésique, vos pilotes le prenaient pour repère. On nous a même dit que certains, plus malins que les autres, avaient fait le pari de se glisser entre nos deux corps de bâtiments.

Nous reconnaissons que la pancarte est petite mais les trois pastilles de bronze du point géodésique, enchâssées dans les rochers, ne font pas plus de deux cm de diamètre et les pilotes s’en servent bien… mais voilà pourquoi je vous écris. Je précise que si les aéronefs dépassant les 50 km/h sont indésirables (nous n’avons rien contre les Montgolfières qui, malgré la sorte de rugissement qu’elles émettent lorsque le brûleur est en marche, restent compatibles avec notre sérénissime domaine) nous n’aurions rien, réflexion faite, contre un aéronef plus rapide mais dont le moteur serait silencieux. On rend bien les pistolets silencieux, pourquoi pas les Mirages et les  Rafales ?

Rien de tel, vous en conviendrez, que le tonnerre d’un avion chasse, tellement soudain, tellement démesuré,  pour nous faire perdre la raison. Puisqu'il nous en reste encore un peu, nous vous serions reconnaissants de l’épargner.

 

Je vous prie d'agréer, mon général, l'expression de ma sereine et respectueuse considération.

No-fly zone over Mountchicken

Général de Brigade Aérienne Éric AXXX, Officier de la Légion d’Honneur, Base Aérienne 701 de Salon de Provence, Chemin Saint Jean, 13661 Salon de Provence.

À

Prince de Montpoulet, Montpoulet, Chemin de Montpoulet, etc.

 
Monseigneur,

Votre courrier a retenu toute notre attention et, soucieux de ne pas assombrir les relations de voisinage avec votre excellence, nous avons demandé à nos pilotes, lorsqu’ils sont en approche de Montpoulet, de couper leurs réacteurs pendant le dernier kilomètre, afin de survoler la Principauté en vol plané et de ne remettre les gaz qu’une fois la crête de montagne dépassée. Cela ne supprimera pas toutes les nuisances, nous en sommes conscients, mais vous comprendrez aisément qu’un survol plus long sans réacteur pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour les mitrons des cheminées de vos palais.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques à ce sujet. Nos services sont tout entiers à votre écoute.

Je vous prie d'agréer... etc.

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La source miraculeuse de Montpoulet

Publié le par Prince Bernard

Après 100 mm de pluie en cinq jours, elle est à son maximum, presque 10 m3 par jour :

La source miraculeuse de Montpoulet

Comment le sais-je ? Parce que je mesure le débit à l'aide d'un mug d'environ 30 cl (je devrais dire « half pint » dans la perspective de l'admission de Montpoulet au sein du Commonwealth).

La source miraculeuse de Montpoulet

Et le nombre de secondes qu'il est nécessaire à la source pour remplir la mesure me permet, grâce à une sorte de Pierre de Rosette opportunément placée à proximité, de trouver le débit (oui, encore en litres, mais je prévois une autre pierre gravée pour convertir en quarts et gallons).

 

La source miraculeuse de Montpoulet

L'information ne serait pas complète sans le débit de septembre : autour de 300 litres/jour.  Comme cela suffit à peine pour les douches, les chasses et les lessives, boire du vin devient impératif et c'est alors que la source fait des miracles.

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La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

Publié le par Prince Bernard

La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

Année de foin année de rien, dit ma mère.

Juste après avoir posé mon pied gauche sur l’herbe sèche que je venais de couper, je me suis affallé brutalement. C’est extrèmement glissant l’herbe sèche, je me souviens d’un été où pour aller mettre en route la pompe en bas de la pente, je descendais en luge. Je me suis affallé brutalement sur le côté droit et la convexité de mon grill costal s’est écrasée sur celle du bloc moteur de ma débroussailleuse ; « grill costal », c’est comme ça qu’ils vont dire à l’hôpital. Je me demande ce qu’on peut y faire griller. Des côtelettes, sans doute. Souffle coupé, j’ai tout juste pensé à couper le contact. Douleur intense, j’ai repensé au précédent écrasement de grill costal. Il s’était soldé par un pneumo-thorax. Aussi j’attends que la douleur s’atténue avant de reprendre le travail. Le dimanche, je rentre aussi trois remorques de bois sans trop souffrir. Mais le lundi matin, après trois autres remorques, la douleur est telle que j’ai de la peine à descendre du tracteur. Je me dis alors que y’a certainement quelque chose de cassé et puisque cela me fait bien plus mal que l’autre fois, qu’il n’y en a pas qu’une de cassée, de côte. J’appelle mon médecin qui me dit d’aller directement aux urgences. J’ai de la peine à entrer dans la voiture et le moindre soubresaut m’arrache un gémissement.

Les urgences sont un jeu de piste. Une partie de l’hôpital a brûlé et des flèches indiquent un nouvel emplacement. Je me perds un peu, me méprend sur le sens des nombreux placards et me retrouve à faire la queue en médecine. Puis enfin aux urgences où une secrétaire me fabrique un joli bracelet avec mes nom, prénom et date de naissance, au cas où je serai pris d’amnésie subite, ainsi qu’un très impressionnant code barre dont je suppose qu’il contient tout mon dossier médical. C’est ce que je crois encore quand la blonde urgentiste lit sur son écran que je suis venu l'an dernier me faire coudre une entaille de tronçonneuse. « Oui, je suis très maladroit », je confirme. Mais le code barre n’est qu’un numéro (« Je ne suis pas un numéro ! Qui est le numéro Un ?»)

 

La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

Elle a l’air surprise que je sois venu par mes propres moyens. « Il y en a qui n’hésitent pas à appeler les pompiers pour une blessure à la main », explique-t-elle.

Elle m’ausculte avec les mains, me fait un mal de chien en m’appuyant sur le ventre, bizarrement, et puis avec un échographe même sous la ceinture de mon pantalon qu’elle défait elle-même (!). Et puis on vient me chercher pour la radio alors qu’elle m’a engagé dans un débat sans fin sur le niveau qui baisse en français dans la génération de ses enfants.

 

Finalement rien n’est cassé. La nature n’est donc pas bien faite puisque une côte cassée fait moins mal que rien de cassé. « Mais je vous interdis tout effort », me dit-elle avec un sourire malicieux comme si elle savait que je n'obéirais pas. Elle m’explique que même sans fracture, les ligaments, tendons, et vaisseaux sanguins ont franchement été dérangés par la convexité du bloc moteur. « Et je vous ai fait une ordonnance qui comprend un anti-douleur, un décontractant musculaire et un anti-inflammatoire ».

Il n’y a pourtant, je pense, que la douleur pour m’empêcher de reprendre le débroussaillage… C’est donc qu’elle, docteur en médecine, ne pense pas que la nature soit bien faite.

La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

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Maurice-Jean Calvet, un Saint-Victorien d'envergure

Publié le par Prince Bernard

La principauté de Montpoulet est enclavée dans la commune de Saint-Victor en Ardèche avec laquelle nous entretenons de cordiales relations. Si cordiales que nous commençons ici une série d'hommages à ses composantes, tant personnelles que monumentales.

Maurice-Jean Calvet, un Saint-Victorien d'envergure

Au village, on l’appelait l’ambassadeur. Il ne l’était pas. On disait aussi qu’il avait été pilote de chasse. Il ne l'avait jamais été. Il habitait cette grande maison aux façades claires qui domine le village et où l’on est accueilli par une citation de Virgile : carpent tua poma nepotes ( tes neveux cueilleront tes fruits).

Á Chantelermuze, nous le connaissions linguiste puisque l'association est en possession de son mémoire de maîtrise consacré au patois de Saint-Victor et qui recense pratiquement tout le lexique de ce parler qu'on classait alors dans la famille du provençal. Plus austère pour le néophyte, peut également se feuilleter un mémoire de DESS (*) , préambule à un doctorat, et consacré à la phonologie du même patois que l'auteur considère comme un des mieux conservés et des plus authentiques de la région. On apprend dans ces mémoires que la mère de l'auteur est originaire de Saint-Victor.

Mais il y avait effectivement un peu de l’ambassadeur et du pilote de chasse chez Maurice-Jean Calvet, un petit livre vient préciser ces deux réputations : Échec au Putsch, publié , vraisemblablement par son auteur, en 1970. Les rabats de la couverture nous apprennent qu’après un doctorat ès Lettres, il a mené une carrière universitaire jusqu’à devenir directeur du Centre de Linguistique Appliquée de Dakar où il se consacra à la « décolonisation de l’enseignement du français en Afrique ». Voilà pour… l’ambassadeur.

Pour le pilote de chasse, on est plus près de la vérité puisque pendant la guerre d'Algérie il fut sous-lieutenant observateur dans une unité aérienne chargée de surveiller la frontière algéro-marocaine par laquelle se faisaient des infiltrations du FNL. Il ne pilotait donc pas (il observait) mais avait deux pilotes et leurs appareils sous ses ordres.

Maurice-Jean Calvet, un Saint-Victorien d'envergure

         La tentative de putsch en avril 1961 le fait immédiatement réagir. D’abord en paroles, ce qu’il décrit avec une étonnante minutie dans son récit. Entrant parfois en conflit avec des camarades officiers peu inclins à la rébellion ou carrément favorables au maintien de la domination française. Puis en actes puisque, dès l’appel du Général de Gaulle et son vibrant       « aidez-moi », il prépare le rapatriement de ses appareils vers la métropole. Le linguiste fait d'ailleurs une remarque inattendue à propos de la célèbre phrase du Général (« ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite ») : « Nul doute que le mot « quarteron » utilisé pour la première fois dans cette acception, se révèle désormais chargé d’un sémantisme nouveau qui restera après de telles lettres de noblesse ! »

         Une traversée complète de la Méditerranée n’est pas envisageable pour ses « broussards », des avions très maniables et robustes, devenus légendaires, mais à l’autonomie limitée de 1200 km. Il opte donc pour aller demander asile à l’enclave britannique de Gibraltar. Il parvient à se procurer les cartes aériennes indispensables et décolle, apparemment sur un coup de tête, en fin de journée. De plus, un de ses pilotes, marié sur place, préfère ne pas le suivre et il lui faut donc piloter lui-même alors qu’il n’a pas encore terminé sa formation. 

         C’est là que la narration devient haletante : le commandement militaire envoie une patrouille à sa poursuite et il doit voler au ras des vagues et puis voilà  notre pilote débutant, simple appelé quoique officier, qui va devoir poser son avion sur un terrain réputé peu facile et en pleine nuit. Il se fait guider par le pilote du premier avion qui, dès que posé, se précipite dans la tour de contrôle. L’atterrissage est cahotique et se solde par la destruction d’une hélice mais l’apprenti pilote s’en tire à bon compte, est accueilli avec beaucoup de respect par la garnison britannique, peu de chaleur par le consul de France mais, par chance, beaucoup d’enthousiasme par une résidente française Compagnon de la Libération et proche de De Gaulle. C’est elle qui va le tirer d’affaire.

         Car en effet, son geste n’est ni plus ni moins qu’une désertion, surtout que le coup d’état fait long feu et qu’au bout de cinq jours tout est rentré dans l’ordre. Calvet a quelque peine à faire reconnaître que son geste était le plus indiqué mais sa protectrice lui permet d’échapper à une sanction et il quitte l’armée trois mois plus tard. 

 

 

* Thèse publiée ultérieurement sous le titre Le système phonétique et phonologique du parler provençal de Saint-Victor en Vivarais, dégagé sur la base de données instrumentales.

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La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

Publié le par Prince Bernard

 

J’ai déjà raconté comment à Montpoulet les arbres savent se défendre lorsque je cherche à les abattre, comment un pin douglas m’avait cloué sur une planche ; comment un autre m’avait envoyé à l’hôpital avec un pneumothorax et comment je m’étais planté la tronçonneuse dans le mollet en voulant débiter un troisième. Mon voisin Maurice résume tout cela en un sibilin « Le bois, c’est traître ! ». Dernier exemple en date : le pin sylvestre qui menaçait nos lignes d’approvisionnement en électricité et téléphone. Déjà une de ses branches, en se détachant, avait failli couper le fil du téléphone et tordu la cornière qui l’attache au poteau.

 

La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

Quand la nature s’attaque à votre connexion internet, on ne peut que contr’attaquer, non ? Seulement voilà, un pin sylvestre, cela vous a souvent une sorte de coiffe, des branches en parapluie au sommet (comme celui qui avait accueilli le nid de circaètes ) qui empêchent le tronc de se coucher complètement. Il faut alors tronçonner des branches qui sont en tension et qui risquent de vous éclater à la figure en provoquant le basculement de tout l’arbre sur vous.

La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

J’avais pour celui-ci consciencieusement évité tous les pièges quand je m’attaquai à une dernière branche de moins de dix centimètres de diamètre mais dont je ne voyais pas qu’elle était plantée dans le sol. Et c'est bien là que se nichait toute la sournoiserie du pin sylvestre. Crac, la blessure du bois se referma sur le guide-chaîne et ne voulut pas le relâcher. Dans un dernier sursaut, l’arbre me confisquait ma tronçonneuse !!!

Je me débattis en tordant mon engin dans tous les sens pour le dégager. Rien à faire, il fallait négocier… Finalement, j’obtins, en démontant la machine, de reprendre le bloc moteur, puis le guide-chaîne. Le pin sylvestre gardait la chaîne en otage.

Bon, je l’avais bien eu, finalement, parce-que, hé hé… j’avais une deuxième chaîne.

La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

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Boun djou boun an

Publié le par Prince Bernard

Bonne année !

Sortons de nos tours crénelées

pour aller trouver la lumière là

où nous ne la savions pas !

Boun djou boun an

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Rebond de chaîne

Publié le par Prince Bernard

La chaîne était fraîchement affutée, elle est entrée facilement dans mon mollet. Mais pratiquement sans douleur, alors j’ai cru à une égratignure et comme je n’étais pas seul je me suis dit que je regarderai plus tard, pour affoler personne, et puis j’ai senti couler, j’ai relevé la jambe du pantalon, la chaussette était toute imbibée de sang.

 
Rebond de chaîne

« Elle est comment la plaie, elle est nette ? » La jeune interne avoue ne pas supporter la vue du sang. Je suis en de bonnes mains.

Non, pas nette, la plaie. Une tronçonneuse, c’est pas fait pour couper net, surtout pas la viande. Quand je m’assieds aux pieds de Françoise et de son cousin Roger, il me faut la paume et le pouce pour recouvrir la plaie et comprimer. Pas nette, la plaie, béante pour tout dire, comme une bouche ouverte avec deux becs-de-lièvre, au moins. Cela retourne le cœur.

« Comment remonter à la maison ? s’inquiète Françoise, avec un rien de panique dans la voix. Aucune voiture ne peut arriver ici. Tu peux pas conduire le tracteur… tu es tout blanc ! Bon, déjà, je vais aller chercher une compresse.

— Y’a que les pompiers qui pourraient t’emporter sur un brancard, résume Roger, tu veux que j’aille les appeler ; je peux te laisser tout seul, tu vas pas tourner de l’œil ? »

Á l’hôpital, parmi toutes ces blouses blanches qui vont et viennent on ne sait pas pourquoi, la seule façon de reconnaître les médecins, c’est qu’ils portent un stéthoscope sur les épaules. Cela ne sert qu’à cela. Montrer qu’ils sont médecins. La jeune interne, un modèle fluet et modeste de jeune femme timide, du genre douée en maths mais pas en couture, le garde dans sa poche, on en aperçoit juste un bout de tuyau. Mais j’ai pu lire son étiquette de pochette.

« Mon neurologue m’a expliqué que c’était un concours comparable, statistiquement, à l’agrégation pour les enseignants, vous avez donc passé le concours de l’internat ?

— Oui, hélas !

— Décidément, me dis-je, je ferais peut-être mieux de me recoudre tout seul… Et pour la tester : Euh, vous avez vu comme le muscle continue à bouger, on dirait qu’il cherche à se réparer tout seul, c’est du péristaltisme, n’est-ce pas ?

— Vous avez fait médecine ? »

En fait c’est moi, me souvenant que je venais d’écouter Fun Radio sur mon téléphone tout l’après-midi, qui ai appelé les pompiers. Á la Préfecture, l’homme au téléphone ne trouvait ni ma commune, ni mon lieu-dit. Il croyait que je me trompais de département. Perte de temps : quand il m’a dit je vous passe un médecin, ma batterie était morte.

C’est là que j’ai entendu ce bruit de tôle, vraiment bizarre. Serait-ce le voisin Maurice, réquisitionné par Françoise, qui viendrait avec un tracteur brinquebalant ? Le chemin est pourtant trop étroit, seul mon japonais peut passer.

Rebond de chaîne

« Oui, il était question d’envoyer la cavalerie pour venir vous sauver, Monsieur, m’explique l’infirmière, arrivée dans un troisième véhicule…

— Ah oui, vous seriez venue à cheval ? Je joue sur les mots mais elle ne saisit pas.

— Non, bien sûr, mais ils avaient alerté un hélicoptère, les blessures à la tronçonneuse, on connaît, c’est grave. Puis, s’adressant aux pompiers : dites-moi, votre chut, il date de Mathusalem !

— Non, ce n’est pas le nôtre, c’est sa dame qui l’a fourni.

— Ma femme, je le dis toujours, c’est la Samaritaine.

— Très bien, ça a bien arrêté l’hémorragie, mais maintenant ils n’ont plus ces petits crochets.

— Effectivement, je m’en étais enfoncé un dans la peau, ça m’a fait mal ! »

Les jeunes pompiers, je les connais presque tous, un ancien élève, un ancien voisin, un qui est déjà venu pour un incendie… ils me racontent leurs autres interventions pour « rebond de tronçonneuse » : Y’avait ce type qui faisait du bois au-dessus de Vaudevant… on lui voyait plus l’œil, la lame lui avait tranché la gueule du front au menton, le nez était en lambeaux et l’œil, on l’a cherché, mais on l’a pas trouvé, alors on l’a emmené comme ça aux urgences… »

Le bruit de tôle, c’était Françoise avec une brouette (naïf et touchant) et avec la Compresse Hémostatique d’Urgence, le fameux chut (futé et efficace). Elle rappelle le 18 pendant que je me panse. Et comme le pansement me libère la main, je me lève, je remets la tronçonneuse dans son étui, l’étui dans la benne du tracteur…

« Reste couché ! faut rester couché ! Monsieur, il veut remonter tout seul ! »

— (Le 18 au bout du fil) : arrêtez-le, faut pas qu’il bouge !

— Il veut démarrer son tracteur !

— Empêchez-le, empêchez-le !

— Il n’écoute rien... assis-toi, on te dit ! »

Je n’allais quand même pas laisser les pompiers, pour une bêtise de débutant, me transporter en brancard sur 400 m de mauvais chemin. C'était aussi, quand même, le moment ou jamais de jouer les héros, mais dans l’émotion j’oubliai de solliciter les bougies de chauffe, et le moteur hésita quelques anxieuses secondes avant de démarrer. J’allais de mieux en mieux.

 

« Qu’en pensez-vous ? me demande la frêle interne,

— Très joli rôti de porc, combien de points ? Vous savez que c’est au nombre de points de suture qu’on reconnaît les plus belles blessures ?

— Voyons… deux points renforcés au centre, deux petits points aux extrémités et un, deux trois quatre points normaux, sans compter celui résorbable à l’intérieur. »

Et bien si, finalement, douée en couture !

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Á montpoulet on ne plume pas que les poulets

Publié le par Prince Bernard

Inspiré par un village français voisin où les habitants étaient tellement jaloux du bruit et de la fureur des villes qu’ils ont créé un quartier à l’image d’une banlieue, avec un mur dûment tagué et qu’il ont baptisé Le City, Notre Prince a décidé aussi de faire pareil qu’en ville : une sorte de salle de musculation où l’on se rendrait obligatoirement sans se fatiguer pour pouvoir mieux s’y fatiguer. La fatigue pour laquelle on paye est sans doute meilleure que celle pour laquelle on est payé.

Ici, faute de bâtiments, les appareils sont au grand air. Il y a un plumo-pi (plume-pin), autrement dit un écorçoir, qui vous développe les deltoïdes mieux qu’un anabolisant.

Á montpoulet on ne plume pas que les pouletsÁ montpoulet on ne plume pas que les poulets

Il y a le fameux échenilloir dont j’ai déjà vanté les mérites, non pour éradiquer les processionnaires dont il vaut mieux laisser quelques cocons pour nos coucous, nos mésanges charbonnières et nos huppes fasciées, mais bien, l’engin à bout de bras pour atteindre le sommet des pins, pour tonifier le grand droit de l’abdomen.

Á montpoulet on ne plume pas que les pouletsÁ montpoulet on ne plume pas que les poulets
Á montpoulet on ne plume pas que les poulets

Enfin, l’appareil le plus rustique mais sans doute le plus complet car il muscle à la fois les bras, les jambes, le ventre et le dos, c’est le balais (ici de maçon, mais l’antique balaï à base de genêts convient aussi) pour déneiger les rails d’accès à la Principauté.

Á montpoulet on ne plume pas que les pouletsÁ montpoulet on ne plume pas que les poulets
Á montpoulet on ne plume pas que les pouletsÁ montpoulet on ne plume pas que les poulets

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À la recherche de la pastille perdue

Publié le par Prince Bernard

             La Principauté de Montpoulet est un repère pour les pilotes de chasse. Elle jouxte un point géodésique coté, ce qu'on peut vérifier sur n'importe quelle carte Michelin ou IGN, à l'altitude 687,7 m, une précision diabolique. Dans les années soixante, selon le témoignage de nos voisins du Royaume de Piquet où se trouve le point, les géographes, escortés par la gendarmerie, on ne sait jamais, étaient venus planter mâts et voilures sur ce sommet pour qu'il apparaisse sur les photos aériennes. En repartant, ils avaient laissé trois pastilles de bronze enchâssées dans trois rochers disposés en triangle isocèle, voire équilatéral. La visite de la Principauté n'est pas complète tant qu'on n'est pas allé faire griffer ses jambes par les ronces qui, jalousement, protègent les pastilles. 

            Mais voilà deux fois que j'emmène là-haut des visiteurs sans retrouver la troisième pastille, la plus grosse, mais aussi la seule au niveau du sol, dans une roche enterrée.

            Je profite donc du passage de demoiselles qui n'ont pas froid aux yeux pour partir à la recherche de la pastille introuvable : (les photos sont de Philippe, le papa de deux des demoiselles.)

Nous commençons par une pause au dolmen authentique ( j'en sais quelque chose, c'est moi qui l'ai fait )

Nous commençons par une pause au dolmen authentique ( j'en sais quelque chose, c'est moi qui l'ai fait )

Je vérifie mon état de santé en escaladant le gros cèdre près du sommet...

Je vérifie mon état de santé en escaladant le gros cèdre près du sommet...

Nous nous recueillons un instant au pied du sarcophage de l'ancêtre athée (sa plaque dit « je ne croirai en un dieu que quand il m'aura ressuscité »)...

Nous nous recueillons un instant au pied du sarcophage de l'ancêtre athée (sa plaque dit « je ne croirai en un dieu que quand il m'aura ressuscité »)...

...pour cheminer ensuite sur le mur d'enceinte de l'oppidum pré-celtique, sis en frontière avec le Royaume de Piquet.

...pour cheminer ensuite sur le mur d'enceinte de l'oppidum pré-celtique, sis en frontière avec le Royaume de Piquet.

Il faut bien finir par se trancher un passage au sabre d'abattis dans les ronces.

Il faut bien finir par se trancher un passage au sabre d'abattis dans les ronces.

Se regrouper autour du premier gros rocher empastillé...

Se regrouper autour du premier gros rocher empastillé...

... soulever avec précaution la pierre plate qui la protège...

... soulever avec précaution la pierre plate qui la protège...

...et admirer la première pastille de bronze enchâssée.

...et admirer la première pastille de bronze enchâssée.

 

… chercher quelques secondes le sens de l'inscription et continuer la quête que nous raconterons dans l'épisode suivant.

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