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3 articles avec tour du monde a velo et autres folies

Souvenirs, souvenirs

Publié le par Prince Bernard

Cet été une éditrice m'a demandé des clichés de vélos couchés dans un décor de montagnes pour illustrer un ouvrage. Elle voulait des « clichés libres de droits », participant ainsi je suppose de l'élan actuel vers la suppression des droits d'auteur. Mais juste avant, elle m'avait demandé un cliché de la couverture de Tandem sur la Banquise, histoire de, sans le dire explicitement, échanger les droits contre de la publicité pour cette petite plaquette à l'italienne dont il doit bien me rester un millier d'exemplaires même si nous en donnons à tout visiteur de Montpoulet, tout visiteur en possession d'un visa s'entend, visiteur avec papier si l'on veut.

Ces clichés n'existaient encore que sur résines colorées, vous savez, ces espèces de tartines de confitures où la lumière creuse ici la fraise ou la mirabelle, là le cassis ou la tomate verte pour ne laisser passer que certaines couleurs quand on intercale la tartine entre une ampoule hallucinogène et un drap de lin blanc. Oui, c'est ça, j'avais oublié le nom, des dia-po-si-tives !

Il m'a donc fallu ressusciter le pilote d'un vieux scanneur à diapos, qui ne marche qu'avec Windows XP, extraire au Laguiole les tartines de leurs cadres sous verre, les ranger dans un petit chariot à crémaillère et que le scanneur a avalées avant de les recracher en millions de chiffres pour donner ça :

Dans les Landes et la Touraine...

dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...

dans le sud de l'Angleterre...

...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...
...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...
...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...

...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...

...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.

...à la Lozère.

Souvenirs, souvenirs
Souvenirs, souvenirs
Souvenirs, souvenirs
Souvenirs, souvenirs

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Topettelesmouettes

Publié le par Prince Bernard

Maintenant que nos vélos sont équipés du positionnement par satellites, il nous faut revoir quelques certitudes : le col d’entrée dans la Principauté est à 663 m d’altitude et non pas à 650 m comme je l’avais hâtivement calculé sur carte en espérant qu’il fasse ainsi lieu de rassemblement pour la Confrérie des 650 (il s’agit du diamètre de leurs roues, en millimètres, en derniers défenseurs du système métrique pour le vélo) et la distance au premier village français, Saint-Victor, n’est pas de 2 km mais très précisément de 1604 m (il s’agit donc pile d’un mile anglais, de quoi accélérer notre adoption des mesures impériales pour renforcer notre dossier de candidature au Commonwealth —l’objet d’un prochain article)

 

C’est d’ailleurs l’informatique géopositionnée qui nous a remis sur les vélos. Quel bonheur en effet que, sans avoir à péniblement installer un aimant sur un rayon puis un capteur sur une fourche puis le compteur sur un tube du cadre, puis des piles dans le compteur, que de savoir depuis quelle heure on roule, combien de kilomètres on a parcouru et à quelle vitesse moyenne et maximale, où l’on s’est arrêté et si c’était pour pisser ou pour prendre une photo, à combien de coups par minute son cœur bat et dans combien de temps, donc, on est sensé passer de vie à trépas. C’est donc grâce aux satellites américains et c’est certainement M. Obama qui veille ainsi sur nous.

Enfin, lui ou sa femme, puisque la première fois que j’ai utilisé l’application, c’est une voix de femme qui est sortie de la sacoche où j’avais enfermé la tablette, pour claironner les informations listées ci-dessus. Avec un abominable accent, il va sans dire ; elle a dû apprendre le français sur internet, Mme Obama.

Que des selfies à l'ancienne, au jugé.Que des selfies à l'ancienne, au jugé.
Que des selfies à l'ancienne, au jugé.
Que des selfies à l'ancienne, au jugé.Que des selfies à l'ancienne, au jugé.

Que des selfies à l'ancienne, au jugé.

Ce qui nous a surtout remis sur les vélos, à vrai dire, c’est la sollicitation amicale. Autant, ci-dessus, les membres des divers clubs auxquels nous appartenons que des amis lyonnais pour qui nous sommes les régionaux de l’étape Ardéchoise ou les guides indigènes en Terres Inconnues…

Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%
Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%

Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%

...que les cyclo-campeurs détournés en Principauté par les annuaires tels que Warm Showers ou Cyclo Accueille Cyclo. Nous avons ainsi reçu Marion dont les photos suivantes, encore des selfies à l'ancienne, viendront compléter celle de son blog : Topettelesmouettes

 

Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.
Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.

Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.

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Lettre ouverte à Jean-Louis Ezine, chroniqueur à France Culture.

Publié le par Prince Bernard

 

Ainsi donc vous êtes un amateur de vélo !

Voilà pourquoi en 1987 vous vous étiez intéressé à mon récit de tour du monde à vélo et m'aviez fait les honneurs de France Culture -et accompli le tour de force de m'en avoir fait payer un cachet de façon à couvrir mon déplacement. Cela m'a marqué à vie et transformé en un de vos fans inconditionnels, ce que je demeure même en découvrant que ce n'était pas (seulement) la qualité de mes écrits qui m'avait valu l'invitation à votre micro. Cela m'avait aussi donné, tant pis si je m'égare un peu, une image dispendieuse du Service Public : c'était alors mon quart d'heure de gloire, j'allais d'organe de presse en organe de presse et j'avais par exemple été reçu par une radio où l'interviouveur, non seulement faisait office d'ingénieur du son et répondait au téléphone mais ouvrait également la porte aux visiteurs. A Radio France, point de pareilles économies, tout un peloton d'agents de sécurité et surtout, en plus du spikeur, au moins trois personnes derrière la vitre : le technicien, la réalisatrice et son assistant... Dès lors, aucun déficit public ne pouvait plus m'étonner.

J'ai à plusieurs reprises failli venir à vous comme un fan éploré qui ne parvient plus à vous suivre tellement vos délicieux billets changeaient d'horaire. Vous interveniez naguère au moment où j’arrivais, en quête de ma baguette matinale, au cimetière de Saint Victor où l’on vient se faire enterrer de loin puisqu’on y jouit de la plus belle vue sur le Mont Blanc. Moi j’y serai à cause de la proximité immédiate d’un fourreau de fibres optiques qui permettra d’équiper ma tombe des derniers perfectionnements numériques, histoire de me garantir une éternité toilée, à l'écoute de vos billets baladodiffusés.

Et puis vous intervîntes plus tôt, ou plus tard, mais en dehors de la fenêtre qui me permettait de vous entendre idéalement dans ma voiture en quête du pain quotidien. Je ne me souviens plus des différents épisodes où je vous retrouvai malgré les caprices de vos supérieurs mais enfin je vous tiens, à la même heure depuis quelque temps et vous êtes la balise principale de ma routine de lever. Vous intervenez entre le rasage et le shampooing. C'est d'une précision assez délicate à assurer. Plus d'une fois j'ai dû vous écouter le poil humide, me retenant de mettre le sèche-cheveu en marche de peur qu'il ne couvre votre voix. Plus d'une fois, j'ai dû interrompre le rasoir pour la même raison. Quand je ne me laisse pas retenir au lit par le radio-réveil, qui ne capte pas France Culture, j'arrive le poil ras et sec à mettre la voiture en route, donc l'autoradio, juste avant que vous preniez le micro. Vous intervenez alors que, moteur rugissant, je m'extirpe de la pente ultra-raide qui descend chez moi au milieu de la forêt et émerge face au soleil qui se lève sur le Mont Blanc.

Votre style, votre formidable et délicat humour, votre maîtrise confondante de la langue sont évidemment un modèle pour moi. Je m'essaye à suivre votre voie dans le blog où je publie cette lettre et ma modestie ne résiste pas à l'envie de vous faire savoir que, si vous m'avez connu il y a 25 ans maçon cycliste auteur d'un récit auto-édité parsemé de fautes d'orthographe, je suis devenu agrégé d'anglais, doyen de la promotion 2011, et cela m'a doté, quoiqu'en disent les critiques sur le « formatage » de ce concours, d'un savoir-faire, d'une rigueur et d'une ouverture d'esprit que je n'avais pas auparavant mais dont je vous sais pourvu. Sans compter la revanche sur de très humbles origines et sur trois décennies en-dessous du seuil de pauvreté.

J'espère donc, sauf à perdre quelques minutes d'un sommeil précieux, qu'on ne vous rendra pas encore plus précoce sur les ondes.

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