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2 articles avec le prince s'indigne

Redif : ma religion m'interdit le bio

Publié le par Prince Bernard

Redif : ma religion m'interdit le bio

Monsieur le Président de la SNCF,

J'ai été très surpris et un rien agacé des conditions qui ont présidé à mon dernier voyage sous votre bannière. Elles sont critiquables sous trois aspects, alimentaire, ergonomique, linguistique, et conduisent à se demander si la SNCF ne pratiquerait pas, sans le savoir, une politique de discrimination.
Commençons par le troisième aspect : les annonces du TGV 5112 Lyon Part Dieu-Paris Lyon (sic) prétendaient se faire en deux langues. Prétendaient car si l'accent méditerranéen ajoutait une touche d'exotisme à l'annonce en français alors que nous approchions de Roissy, le même accent appliqué à l'annonce en anglais ajouté à un mépris total des règles d'accentuation, non seulement rendait l'annonce incompréhensible, mais rendait aussi la langue non reconnaissable par un locuteur natif. Ce ne fut pas l'aspect le plus gênant de mon voyage puisque je répugne moi-même à utiliser un autre idiome que celui du pays où je me trouve, mais il en alla différemment de l'aspect ergonomique.
J'essaye,voyez-vous, de suivre fidèlement les préceptes d'une vie saine (« manger-bouger ») et m'interdis tout usage des escalators et des ascenseurs que je laisse volontiers à ceux qui souffrent de handicaps dont le moins grave n'est pas l'allergie à la fatigue musculaire. Or, dans la gare TGV Part Dieu de ma correspondance pas le moindre escalier sauf mécanique. Mes convictions profondes durent encore être brimées. Pas avec autant de violence toutefois qu'en ce qui concerne l'alimentaire.
Après avoir tenté un pauvre jeu de mots en montrant d'un geste interrogatif la porte de son réduit lorsque je réclamai l'entrée qu'il manquait à mon menu saveur, le barman me servit une « salade biologique » dûment estampillée du logo d'une multinationale certificatrice. Or ma religion m'interdit le bio pour le solide et le biodynamique pour le liquide. Aucune religion ne prend la peine de justifier ses interdits alimentaires autrement que par des fariboles d'ordre mythique, mais la mienne le fait. En préférant d'autres traitements chimiques que ceux pratiqués en traditionnel, l'agriculture bio est conduite à mettre sur le marché des produits dangereux comme le montrent plusieurs intoxications mortelles à l'Echerichia Coli : 23 morts en Allemagne, 3 morts et 200 intoxiqués aux USA, etc. Mutatis mutandis, l'utilisation de soufre « naturel » en vinification biodynamique introduit un élément nocif absent du soufre purifié. J'aurais donc apprécié que le barman me proposât un autre type d'entrée, tant pis si elle eût été locale ou équitable, mes commandements religieux s'en eussent accommodés. Or les trois menus comportaient cette salade bio comme si elle était devenue obligatoire comme par l'avènement de l'écolo-totalitarisme que certains nous promettent.
Je vous saurais donc gré M. le Président, de veiller qu'à l'avenir les adeptes de l'Église des Cataphotes Resplendissants, dont je tiens les principes édifiants et fortifiants précédemment énoncés, ne soient pas plus discriminés que les affidés des autres religions qui n'ont pignon sur rue que parce qu'elles tiennent le haut du pavé.

(Première diffusion en avril 2012)

 

 

 

 

Publié dans Le Prince s'indigne

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Montpoulet : accès dangereux

Publié le par Prince Bernard

Qu'on se le dise, notre nid d'aigle est inexpugnable. Déjà, il y a quelques années, l'armée française (la gendarmerie) renonçait à monter jusqu'à nous ; avant-hier ce fut le facteur.

Un jeunot de remplaçant, nourri à la bagnole, au canapé-télé et à la manette de jeux. Pas comme notre facteur habituel, qui était en sixième avec moi et qui, quand la neige l'empêche de monter en voiture, termine à pied jusqu'à la boîte.

J'avais d'ailleurs été impressionné, à notre installation, par l'intrépidité des facteurs de l'ancienne génération. Moi j'étais prêt à ce qu'on nous demande de laisser notre boîte chez nos voisins, au bout du goudron, avant la pénible montée, avant le pont de lianes au-dessus des crocodiles. Mais non. Le receveur de Saint Félicien m'avait écrit qu'il avait envoyé le facteur pour examiner les lieux et que ce dernier avait dit que jusqu'au sommet du col, aucun problème, mais que pour redescendre à la maison, vingt mètres plus bas en pente abrupte, jusqu'à 30%, ce serait peut-être difficile en hiver. Nous avons donc installé la boîte au sommet. Mais la première remplaçante, quelques mois plus tard, une fille de Pailharès, à qui les pentes ne font pas peur, ayant besoin de notre signature, avait risqué sa voiture dans la redescente et, encore plus méritoire, l'avait ressortie sans aide. Nous lui avions décerné le diplôme de La Factrice la Plus Intrépide. C'était historique puisque la mémoire familiale nous signalait une première voiture, une Dauphine, que le fils cadet de mon arrière-grand-père, avait fièrement descendue jusqu'à la maison. Mais il avait fallu atteler deux vaches pour la remonter. Une deuxième voiture, un taxi-ambulance était venue emporter mon arrière-grand-mère à l'hôpital. Elle y est morte. Et, pour la veillée funèbre qui se faisait alors dans les foyers, le taxi n'a jamais voulu rapporter le corps à Montpoulet, il avait trop peiné pour en sortir. Notre facteur habituel, lui, monte, descend et remonte les doigts dans le nez.

Mais les temps changent, et les facteurs aussi. Les nouveaux sont moins intrépides, ils ne savent plus marcher il semble.

Montpoulet : accès dangereux

Publié dans Le Prince s'indigne

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