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21 articles avec faune pouletmontoise

Le réduve masqué est-il l’allié du calosome sycophante ou son éboueur ?

Publié le par Prince Bernard

Le sycophante est un prédateur de la chenille processionnaire. C’est un coléoptère étonnant, d’abord on dirait qu’il a opté pour une carrosserie multicolore métallisée...

Le réduve masqué est-il l’allié du calosome sycophante ou son éboueur ?

...et ensuite parce que son surnom se traduit du grec par « délateur des voleurs de figues ». Ne me demandez pas pourquoi, cela prendrait des heures pour répondre. J’ajouterai juste que ce surnom a donné en anglais l’adjectif sycophantic (flagorneur). On le dit rare parce qu'on ne laisse plus les arbres pourrir dans les forêts. Il est courant à Montpoulet.

Le réduve masqué est une grosse punaise, à l’odeur de citron très forte, qui nous dit-on, débarrasse les vieilles maisons des mites, mouches, araignées et punaises de lit.

Le réduve masqué est-il l’allié du calosome sycophante ou son éboueur ?

Alors pourquoi en ai-je trouvés dans un cocon de chenilles processionnaires tombé d’un pin parasol ? Finissaient-ils les restes d'un calosome sycophante ou étaient-ils venus lui prêter main forte pour exterminer la colonie de chenilles ?

Je pose la question.

Le réduve masqué est-il l’allié du calosome sycophante ou son éboueur ?
Le réduve masqué est-il l’allié du calosome sycophante ou son éboueur ?

Publié dans Faune pouletmontoise

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Les bricoleuses

Publié le par Prince Bernard

Les bricoleuses
Les bricoleuses

J’ai mis longtemps à l’identifier celui-là, parmi le million d’espèces d’insectes connues (Il y en aurait autant d’inconnues d’après les entomologues ; comment peut-on dire que la biodiversité s'étiole quand on n'a pas encore recensé toutes les espèces, faudra qu’on m’explique), tout simplement parce que, s’agissant pourtant d’une vedette de Montpoulet, la fameuse mouche scieuse, ou sirex géant, j’avais affaire ce coup-ci à un mâle, sans l’oviducte et la tarière caractéristique en scie égoïne. Lorsque j’avais présenté ici la femelle j’avais ironisé sur ces métiers de la construction associés à notre faune et après la mouche scieuse, l’abeille charpentière et la guêpe maçonne, à quand, avais-je demandé, la fourmi carreleuse, le papillon plombier et le scarabée électricien ? C’était négliger avec ces deux masculins, honte à moi, et ce sirex mâle sans scie me le rappelle, le fait que chez les insectes semble-t-il, la femme est l’avenir de l’homme depuis longtemps et que c'est elle qui bricole.

 

Publié dans Faune pouletmontoise

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Le cruel massacre de la martre

Publié le par Prince Bernard

Nos amies les bêtes, ter

Comme je l'écrivais déjà il y a deux ans, nos poules au port altier, à la cuisse légère et aux sots-l'y-laisse succulents attisent la convoitise des sauvages qui nous entourent, mais cette fois, c'est le bouquet, il ne s'agissait même pas de croquer cuisse ou poitrine, il ne s'agissait que de sucer le sang. Ce fut alors un génocide sans révision possible : il n'y eût ni rescapée ni survivant. Les victimes étaient éparses, dans tous les coins où la bête immonde les avait coincées, livides et comme sortant du bain puisqu'il avait abondamment plu. Les larmes me montèrent aux yeux en imaginant la scène. Cela avait dû longtemps durer. Elles avaient dû m'appeler, normalement les cris m'éveillent mais là, l'orage... La bête les avait assaillies l'une après l'autre, avait fait son affaire pendant que les futures victimes erraient aveugle à la recherche de l'illusoire protection d'un recoin. Et il n'en resta pas une de vive. Alors, cette bête immonde, un vampire ? Vlad l'Empaleur ? Le fameux Comte Dracula ? Un zélé du centre de transfusion sanguine ? Non, d'après nos voisins, c'est la fouine, de la famille des martres, mais à qui l'on doit le verbe fouiner et l'adjectif chafouin, rien de bien.

Le cruel massacre de la martre
Le cruel massacre de la martreLe cruel massacre de la martre
Le cruel massacre de la martreLe cruel massacre de la martre

Il y a deux ans déjà j'écrivais déjà que les renards avaient pour eux la ruse d'agrandir la moindre des failles dans la maille de la grille, patiemment, consciencieusement, jusqu'à obtenir un trou d'à peine 15 cm de diamètre, bien caché par quelque herbe folle. Et bien quid de la martre, ou fouine ? Même pas caché, le trou, et d'au moins vingt centimètres :

Le cruel massacre de la martre

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Le rapt rhapsodique du rapace

Publié le par Prince Bernard

Nos amies les bêtes, bis

Alerté par les cris, je n'eus que le temps... de me munir d'un vieil échalas en robinier. Il me fallait procéder comme avec les vipères : immobiliser la bête avec le bâton et lui saisir les pattes. Les vipères n'ont pas de pattes ^^ ? Bon alors, lui saisir les serres : cela correspond à la tête de la vipère, c'est avec cela qu'il attaque, pas avec le bec, en tout cas pas moi, il me fixe de ses yeux ronds comme si je l'hypnotisais.

Le rapt rhapsodique du rapace
Le rapt rhapsodique du rapace

Il a déjà mangé presque tout le côté d'une des poulettes que nous avons créées sans poule. C'est la trente-et-unième que nous doivent les rapaces.

Le rapt rhapsodique du rapaceLe rapt rhapsodique du rapace

Nous avons mis des filets bien sûr mais ils trouvent toujours un petit trou... par où ils ne savent pas repartir, d'où les captures. C'est la quatrième (je m'empresse d'ajouter que j'ai toujours relâché : je suis un pro-nucléaire, pro-OGM, pro-gaz de chiste TRÉS écolo ! :D ). L'ami Antoine, ornithologue amateur, m'avait dit aux premières attaques ce n'est pas une buse, les buses ne s'attaquent pas aux poules, cela doit être un autour. Et bien la première capture, c'était une buse. La deuxième un épervier. La troisième fut effectivement un autour, animal imposant. Et là je crois être en présence d'un autour, ses yeux jaunes m'y font penser, sa taille moins, disons alors d'un jeune autour, d'un juvénile comme disent les experts... sauf qu'un autour a les yeux presque rouges, retour quatre ans en arrière :

Le rapt rhapsodique du rapace

J'enferme l'animal dans notre cage à serins (l'extirper sans lui abîmer les plumes nécessitera d'infinies précautions) et comme le hasard fait bien les choses, j'attends la venue d'Antoine et de sa famille le soir même pour un repas d'amis. Le rapace exhibé en plein diner fait son petit effet mais l'identification est incertaine : un faucon de toute façon dit Antoine, sans doute un faucon hobereau, mais j'ai un doute. Je reviens demain avec appareil photo et Guide Ornitho de chez Niestlé et Delachaux.

Faucon en haut, autour en bas
Faucon en haut, autour en bas

Faucon en haut, autour en bas

Antoine revint et à quelques traits de plumage reconnut un faucon... émerillon. Il ajouta pour tranquilliser les poules : c'est un migrateur et après cette nuit en cage, il n'est pas près de revenir dans le voisinage !

Le rapt rhapsodique du rapace
Le rapt rhapsodique du rapaceLe rapt rhapsodique du rapace

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L'affriolant frôlement des frelons

Publié le par Prince Bernard

Nos amies les bêtes : un beau nid de frelons dans la cuisine... de la caravane ; Françoise était venue changer les draps, elle a senti comme une odeur, elle a relevé la tête, ils étaient là, pacifiques, à quelques centimètres de son visage.

L'affriolant frôlement des frelons

Une architecture à la Gaudi, une œuvre d'art, quoi !

L'affriolant frôlement des frelons
L'affriolant frôlement des frelonsL'affriolant frôlement des frelons

Nous sommes revenus prendre les draps, ranger, photographier. Ils n'ont rien dit. Françoise leur a même amené des admirateurs, des randonneurs australiens qui parcouraient le GR42. Ils ont beaucoup admiré...

Et puis, deux semaines plus tard, j'ai voulu refaire des photos de l'agrandissement du nid et j'ai commis l'erreur d'utiliser un flash. J'ai déchanté sur ma page Facebook :

Nos (pas tant) amies les bêtes (que ça) : y'a dû y avoir malentendu. Au premier flash deux éclaireurs me sont venus dessus, j'ai reculé et puis je suis revenu faire une photo de plus près. Ils ont dû prendre l'objectif pour une bombe insecticide puisqu'ils ont attaqué la main qui tenait l'appareil photo. Je me sens tout bizarre... J'ai des fourmillements sous la plante des pieds et à l'instant, sur le tracteur, j'ai cru que j'allais perdre connaissance, je voulais arrêter le tracteur et aller chercher un téléphone mais pas d'endroit pour se garer, j'ai continué, la nausée s'est sauvée...

L'affriolant frôlement des frelons

La guerre était déclarée, pouvait-on penser. Mais gardons la tête froide : c'est juste le flash ; ils ont cru à une attaque. Une sorte de méprise. On va pas se battre sur un quiproquo quand même, y'a pas mort d'homme !

Non, ce qui nous a décidé à passer à l'offensive, ce sont les immondices qui s'amoncelaient sous le nid (pas plus d'assainissement non collectif que de tout-à-l'égout chez la gent frelon) et l'odeur pestilentielle qui en résultait. Françoise a revêtu son armure de chevalier blanc et, deux rafales d'insecticide plus tard, les frelons avaient vécu :

L'affriolant frôlement des frelons
L'affriolant frôlement des frelonsL'affriolant frôlement des frelons
L'affriolant frôlement des frelonsL'affriolant frôlement des frelonsL'affriolant frôlement des frelons

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Devoirs de vacances et petites bêtes

Publié le par Prince Bernard

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Le lecteur fidèle se souviendra que la Principauté de Montpoulet vise l'admission au sein du Commonwealth britannique. Dans cette perspective nous avons institué la conduite à gauche, la chasse au renard et le golf en pente raide. Or il apparaîtrait que l'admission se rapproche, au même rythme que le dossier d'admission se constitue, c'est à dire à mesure que j'acquiers une idée de ce qu'il doit comprendre, donc j'ai décidé, mes devoirs de vacances bien avancés (voyez les deux épisodes précédents), d'ouvrir un chantier de prestige : le percement d'un tunnel routier pour Londres, next stop Piccadilly Circus. Et au lecteur contrariant qui me ferait remarquer que la percée du goudron londonien n'est pas pour demain la veille, je rétorquerai qu'en attendant nous nous servirons du tunnel à deux voies comme d'un garage pour deux voitures côte à côte.

 

La seule inquiétude c'est sans doute outre-manche qu'elle grandit : seront-ils envahis par la faune pouletmontoise, toujours de plus en plus grouillante : lucane, grenouille rousse, rouge-queues, couleuvre vipérine et compagnie, photos :

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Au milieu de l'argile tassée par les millénaires et qu'il faut attaquer à l'épée bretonne (Excalibur) on trouve, comme dans le nougat, des pépites plus dures, amandes et cacahuètes. Ici peut-être une dent (ou un oeuf fossilisé ?) de Tyrannosaurus Rex.

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Le plus gros exemplaire pouletmontois (70 mm de long) du plus gros insecte européen : le lucanus servus, ou lucane cerf-volant

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Nichée de rouge-queues (?) au milieu d'une haie de lilas.

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Je me fais toujours avoir, comme tout le monde : la robe rousse, les grosses écailles sur la tête, le nez retroussé, elle a presque tout de la vipère aspic,

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...mais son oeil rond lève toute ambiguité, on peut alors la manipuler sans crainte, elle ne cherchera même pas à mordre, la couleuvre vipérine, elle se contente de sentir très mauvais.

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Telle une momie dans son sarcophage, la larve de l'ergates faber, le plus gros xylophage longicorne pouletmontois, dans sa chambre nymphale après trois ou quatre ans à creuser des galeries et à pousser des wagonnets.

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Rainette arboricole à ventouses sous les doigts,

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...ou grenouille rousse ? Plus vraisemblablement cette dernière, mais je ne demande qu'à être détrompé.

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Et pour finir un mâle meloe violaceus, ou enfle-boeuf,  qui, quand on l'embête, se défend...

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... comme le crache-sang (trimarcha tenebricosa) en faisant croire qu'il saigne. Sauf que chez l'enfle-boeuf, la substance est toxique et, lorsqu'un bovin l'ingère, cela le rend fou et il enfle jusqu'à en mourir. Diantre !

 

 

 

 

 

 

 

 

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Huppe fasciée

Publié le par Prince Bernard

Pas facile comme nom d'oiseau (à propos, pourquoi la locution noms d'oiseaux est-elle synonyme d'insultes ? à part triple buse, je ne vois rien...) et pourtant il y en a à Montpoulet. J'en ai rencontré un couple en allant chercher le pain. Ils n'ont pas détallé, ne se sont pas envolés alors que, médusé derrière mon volant, je les observais en me croyant en Egypte, persuadé qu'ils étaient totalement étrangers à l'endroit. Voyez (photos de l'ami Antoine) :

Huppe fasciée
Huppe fasciée

 

Et pourtant non, c'est un oiseau qui serait assez courant sous nos contrées d'après les livres.

Par contre, hier, de ces geais dont on ne peut douter de l'indigénat, j'ai capturé un jeune. Il se défendait bien.

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Nous l'avons mis en cage. Avec de l'eau et des miettes de pain. Il piaillait de bonheur. Et puis une bande de geais adultes a lancé comme un raid aérien sur la cage. Je l'ai aperçue tanguer, alerté par leurs cris vengeurs. Et puis Françoise m'a appelé : le jeune geai gisait mort. En même temps, des mésanges charbonnières naissaient au fond d'un trou que j'ai aménagé exprès dans un mur :

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Morte ou naissante la chrysalide ? En tout cas combien étonnante, avec ses simili-pattes dorées ! Mes recherches sont restées infructueuses : quelle chenille, quel papillon, aucun moteur de recherche n'a su me le dire. Le saurez-vous ?

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Le lérot dort encore, que la salamandre met bas déjà.

Publié le par Prince Bernard

Au fond d'un seau de chiffons, une boule de poils :

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Un lérot hibernant que je manipule sans qu'il s'inquiéte :

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La queue comme une anse au-dessus de pattes bien propres :

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Pendant ce temps, une salamandre semble perdue dans l'eau du lavoir :

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En fait elle se prépare à pondre (ou accoucher ? Elle est ovovivipare) dans un amas de feuilles et de mousses :

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Le flash lui fait prendre la fuite, elle ne semble plus dans son élément naturel, elle nage de façon très maladroite :

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Avant de s'immobiliser à nouveau pour se remettre en travail, toutes couleurs éclatantes :

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De la même façon dans nos sociétés des salamandres s'échinent pendant que des lérots se la coulent douce à Miami ;)


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Naissance d'un poussin et renaissance d'un serpent

Publié le par Prince Bernard

Nos poules OGM font vraiment merveille : à peine ont-elles commencé à pondre (une fois la menace des aigles écartée) que l'une d'entre elle commence à couver. Et commencer à couver un 14 septembre, c'est gonflé !

Erreur de jeunesse quand même, elle abandonne les quatre derniers oeufs pour chouchouter son aîné.

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Pendant ce temps, tout près, une couleuvre verte et jaune, énorme et longue, se débarassait dans les ronces de sa mue, changeait de peau donc et renaissait.

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La nature est multiple et rebelle à l'enrégimentation,

méfions-nous des charlatans :

rates aux cancers, le retour des charlatans anti-OGM


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Des Circaètes Jean Le Blanc à Montpoulet

Publié le par Prince Bernard

 

          Nos nouvelles poules à cou de vautour et regard d'acier (et qui ne pondent toujours pas, la modification génétique aurait-elle fait dégât collatéral ?) ont attiré une réaction des cieux, ils nous ont dépêché des aigles. Un couple et son aiglon.

          Au début, en mai, la taille de ces nouveaux rapaces avait attiré mon attention mais sans plus. Je les prenais pour des milans, mais j'avais envoyé un cliché de leur silhouette à un spécialiste de la Frapna et la réponse fut nette : Circaéte Jean le Blanc, ou « short toed snake eagle »  (aigle serpentaire à serres courtes)

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          En juin, des visiteurs cyclistes, alertés par des cris, remarquent que les parents se posent toujours au même endroit, sans doute pour nourrir leur aiglon. Nous prenons des repères par rapport à des branches d'acacias sèches, l'une blanche, l'autre noire.

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          Pour essayer ce trouver le nid d'aigle, je suis donc parti jusqu'au Jardin des Hespérides, un ensemble de ruines au lever du soleil qui pourrait bien constituer le mythique Gompaloup où serait caché le trésor de Montpoulet. J'ai dépassé le bosquet de pommes d'or (des figues de barbarie en réalité, à cette altitude et latitude, une bizarrerie comparable à celle du mythe grec), à cette époque en superbes fleurs

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...et failli poser le pied sur le monstre, la grosse vipère aspic qui garde le jardin, et j'ai escaladé le frêne qui pousse à ras du mur. Pas facile, il me faut d'abord poser un genou sur la branche la plus basse avant de me hisser, l'autre jambe sur la pointe des pieds sur une des pierres  du mur en pierres sèches. C'est périlleux, mais dans les îles aussi, ce sont les quinquagénaires qui grimpent aux cocotiers.

 

          Je venais de bien le voir aux jumelles, le couple de Circaètes Jean le Blanc, apporter une énorme couleuvre jaune et noir à leur poussin. Leur nid ne pouvait pas être loin. Ce n'est pas la première fois que je l'escalade, ce frêle frêne, mais cette fois, je monte encore plus haut, jusqu'à ce que les branches ne soient pas plus grosses que mon poignet. Et alors je l'aperçois, le poussin immobile, les plumes au soleil, sur un nid grossier mais très intelligemment dressé sur la plateforme que constitue une javasse qui d'en bas, ne paye tellement pas de mine qu'on ne pourrait jamais soupçonner qu'un nid d'aigle fût là.

          C'est à ce momet-là de l'histoire qu'il convient de s'extasier devant l'intelligence des bêtes et du génie de la Nature...

          L'arbre du nid repéré, j'installe une tente sur une terrasse à mi-hauteur et espère, quelle naïveté, que je pourrais, après une nuit de planque, photographier les parents apporter qui sait, un python ou un anaconda à leur progéniture piaillante. Une photo qui ferait la une de Nature pour sûr...

          Une visiteuse à cheval m'incite à trouver un autre arbre observatoire et c'est deux terrasses plus haut que je déniche le chêne facile à escalader (je ne vais pas non plus, hein, risquer ma vie tous les jours !) qui n'est obscurci par aucun autre feuillage pour donner vue sur le nid. Un nid bien primitif, rien du confort moelleux anglais des nids de mésanges charbonnières par exemple, rien de la délicatesse ouvragée de celui des merles, à peine quelques branches sur la vasque naturelle de la javasse. A se demander comment l'oeuf pouvait tenir et être couvé en même temps. J'y aperçois le poussin, l'aiglon, qui fait le mort, tapi, en attendant ses parents. La cavalière fait une photo. On n'en aperçoit que quelques plumes.

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          J'installe une vieille toile de tente dans les branches du chêne pour n'être pas vu des parents. Mais ils ont la fâcheuse habitude d'apporter leur coronelle ou leur couleuvre à collier juste avant que je sois sur place ou après que je sois retourné à la maison.

          Je savais que l'évènement intéresserait un ami ébéniste et ornithologue à ses heures. Et excellent photographe en plus. Il vint avec un équipement formidable et surtout avec la patience de l'affût. Il tint plus de quatre heures et l'aiglon se redressa, malheureusement dans la mauvaise lumière.

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              Je revins le lendemain et, la chance du débutant, l'aiglon était levé dans la lumière du levant.

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          Il s'envola début août mais n'alla pas loin. Il changeait d'arbre régulièrement mais se faisait toujours nourrir par ses parents. Le repérage des serpents depuis le ciel, cela requiert sans doute un long apprentissage. Par contre, dès qu'il eût quitté Montpoulet... les poules se mirent à pondre.

 

 

          Ces aigles me rappellent un incident d'il y a exactement deux ans : j'avais vécu l'émotion des Aztèques à leur arrivée dans la cuvette du futur Mexico, sans blague ! Je sortais d'un conseil de la classe dont j'étais professeur principal et un collègue m'avait chaleureusement congratulé parce que je venais de présider le dernier conseil de classe de sa carrière. Il prenait sa retraite à la fin de l'année. Moi, cela m'aurait déprimé mais visiblement pas lui... Alors quel rapport avec les Aztèques ? Avaient-ils aussi des conseils de classe ? Ou la retraite à 60 ans, dans la fleur de l'âge ? Ben non, c'est juste qu'avant l'épingle à cheveux d'Empurany (du grec emporion, place de commerce, on a l'histoire longue par ici) j'aperçus un rapace, que je pris pour une buse, qui fondit sur le bas-côté de la route, à quelques mètres de mon véhicule, et j'eus bien le temps d'apercevoir le ventre de la couleuvre que l'oiseau venait d'attaquer, exactement la même vision, toutes proportions gardées, et comme illustrée par le drapeau mexicain, qui a poussé les Aztèques a fonder leur capitale dans la fameuse cuvette lacustre.

drapeau-mexicain

          Le problème auquel, naturellement, je me heurtais alors, c'était comment annoncer à Françoise que tout juste après avoir fini la reconstruction de notre maison, il allait nous falloir recommencer, dans l'épingle à cheveux d' Empurany... Mais me voici maintenant rasséréné, la buse était donc un Circaète Jean le Blanc, et comme signe des cieux, plutôt que l'endroit où il attrape sa proie, quoi de mieux pour indiquer où l'on doit vivre, que l'endroit où il l'emporte, que là où il niche ?

Publié dans Faune pouletmontoise

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