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Nos chattes, un exemple de dignité humaine.

Publié le par Les Malaugenoux

(Les âmes sensibles n’iront pas jusqu’aux images et ne feront que lire ce qui suit, c'est-à-dire sans doute un manifeste politique, rien moins ;-D)

Elles avaient été opérées la veille, par un ami cycliste incidemment vétérinaire, sur la table de la cuisine, instruments stérilisés à l’eau de vie de poire (la meilleure), l’une, Patchouk, d’une ovariectomie, et l’autre, Pataki, d’une ovaro-hystérectomie, bref stérilisées après rasage, incision de la peau, découpage des abdominaux, extraction des boyaux et j’en passe. Elles avaient récupéré toute la nuit dans la salle de bain, comme des zombies, en proie à toutes les hallucinations (le copain précise que l’anesthésique vaut à sa profession d’être cambriolée, tant l’effet hallucinogène est goûté par les spécialistes). Nous étions allés vérifier que tout allait bien, avions abondamment commenté qu’elles aient, dans leur chambre de réveil improvisée mais dûment carrelée, interverti les cartons qui leur servaient de lits médicalisés et Françoise avait décidé qu’il fallait, maintenant que la salle de bain sentait le fauve, les installer au salon. Mais dès qu’elles ont vu la lumière, dès que leurs rétines ont imprimé le vert de la forêt, dès que leurs tympans ont capté le chant du coq, dès qu’elles ont compris que la liberté ne tenait qu’à une vitre, nos vaillantes chattes ont voulu sortir.

Pas question d’appeler le 115 ou le 911, pas question de gémir et d’emmerder le monde avec ses états d’âme, pas question de demander une dose de morphine ou une péridurale, pas question de se faire offrir une cure thermale par la sécu, suivie de huit jours d’arrêt maladie parce que « c’est bien connu la cure ça fatigue », ou de se faire prescrire une pile de sédatifs par le premier médecin vénal venu, pas question d’aller pleurer chez Brigitte Bardot, le MRAP ou les spécistes, pas question de réunir toute la famille bêlante à son chevet, pas question de réclamer un seul millionième de placebo dilué… non, juste aller d’un pas hésitant se terrer dans un trou et attendre que la douleur passe, mordre dans la pipe sans laisser une seule plainte s’échapper…

mourir s’il le faut mais rester digne.

2011-Hysterectomie-8892.JPG       après rasage                                 

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          incision de la peau, découpage des abdominaux

 

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extraction des boyaux et j’en passe    

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    en proie à toutes les hallucinations    

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Hen party at Montpoulet

Publié le par Les Malaugenoux

(Jeu de mots pour bilingues : "hen party" = "enterrement de vie de jeune fille" mais littéralement "fête de poules")

 

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 .

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 La future mariée, c'est évidemment celle à la jarretière (Honni soit qui mal y pense, etc. Voilà un autre ordre de chevalerie qui siérait bien à Montpoulet, voir ci-dessous): Céline    

 

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(extrait de Wikipédia) Le nobilissime ordre de la Jarretière (Most Noble Order of the Garter) est le plus élevé des ordres de chevalerie britanniques, fondé en 1348, en pleine guerre de Cent Ans, par le roi Édouard III.

Selon la légende, la création de cet ordre aurait été décidée par le roi Édouard III lors d'un bal à Calais, où il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de Salisbury[1]. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son genou et coupa court aux railleries par ces mots : « Messieurs, honni soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement. »

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24- Le beau Douglas

Publié le par Les Malaugenoux

Résumé des épisodes précédents : Françoise et Bernard ont racheté en 1994 la ferme de l’arrière-grand-père de Bernard, à Montpoulet, Saint-Victor. Depuis la région parisienne, ils viennent d’abord y passer leurs vacances et débroussaillent. Ils retrouvent la source, découvrent une faune fabuleuse et des paillettes d’or tandis que la configuration cabalistique des fondations de la ruine les fait espérer un trésor. Ils viennent s’installer sur place en 1997. Leur permis de construire est refusé trois fois puis accepté après plusieurs recours, et les travaux vont bon train malgré l’amateurisme de ces « néo-ruraux ». Pas sans anicroches cependant puisque parti à la recherche d’ossements, Bernard dégage un mur d’un peu trop près et il s’éboule en menaçant d’entraîner tout le reste.
                               eboulement2004.png
Suspendus en l’air, donc, les deux tableaux de la future baie vitrée, toute la superstructure en maçonnerie de pierres et l’appui de l’arbalétrier en bois rond, ce beau sapin Douglas courbe. Qu’allais-je faire ?
Il me semble que c’est là que j’avais laissé le lecteur… ah oui, il y avait aussi une histoire d’ossements indiqués par un pendule… Mais avant de répondre, il faut quand même que je raconte l’histoire de cet arbre. On nous dit partout qu’il faut défendre la forêt et les arbres qui nous protégeraient du réchauffement de la planète. Moi je dis que les arbres se défendent très bien tous seuls et je le prouve : juste avant Noël 2004 un arbre que je voulais abattre m’a cloué au lit et, ce qui est encore moins banal, a cloué le médecin dans le même lit que moi.
            C’était donc, d’après les gens compétents, la descente de la sève et il était temps pour moi d’abattre le bois pour la charpente du palais. J’achetai donc cinq chaînes de tronçonneuse, nettoyai le filtre à air de ma Stihl 026C et me présentai au pied du beau Douglas qui présentait un vice incorrigible puisqu’il était courbé à la base. Le scieur m’avait dit qu’il « ne valait pas le coup de tronçonneuse ». Je m’étais dit tiens, on verra ce qu’on verra.
Les arbres ont été plantés serrés à Montpoulet et il est difficile d’en abattre un sans qu’il reste accroché à ses voisins, un peu comme une famille retiendrait l’un des siens qu’on voudrait enlever. Bien que j’en sois prévenu par quelques déboires passés, c’est ce qui m’arriva là. J’essayai plusieurs fois de secouer l’arbre en utilisant un tourne-billes mais rien à faire. Je revins le lendemain avec Françoise, m’énervai à nouveau sur le tourne-billes et quand je me baissai au pied d’un deuxième arbre que je devais abattre pour qu’il ne retienne plus le beau Douglas, je ressentis comme un craquement dans les lombaires, mais sans douleur. Je ne le mentionnai même pas à ma très chère.
            Françoise devait me prévenir lorsque le beau Douglas frémirait en sentant céder sous lui celui qui le retenait et que j’abattais. Elle se tenait à distance respectable et évidemment, lorsqu’elle hurla que le beau Douglas me tombait dessus, à cause du moteur de la tronçonneuse, je n’entendis absolument rien. Elle paniqua et m’envoya des bouts de bois. Je n’en vis absolument aucun, trop absorbé par ma ligne de coupe.
 
            Bon, pas de panique, le beau Douglas ne m’est pas tombé dessus. Mais j’avais maintenant trois arbres à couper en tronçons et à débarder. Je ne m’arrêtai qu’à la nuit tombée, les lombaires sensibles mais sans plus. Le lendemain dimanche par contre, j’expérimentai la plus atroce douleur de ma vie lorsque je cherchai à quitter le lit. La moindre esquisse de mouvement tétanisait mon dos à la manière, je suppose, d’un courant de haut voltage. Il me fallut une bonne demi-heure pour m’approcher du bord du matelas pour… uriner dans une bouteille. Je dus donc accepter que Françoise appelle le médecin, ce qui ne m’était pas arrivé depuis quarante ans. L’homme de science était en déplacement (un cas d’empoisonnement au gaz des choristes de la messe de minuit à Pailharès, cela ne s’invente pas !) mais il promit de venir dès que possible.
 
            Ce fut seulement vers 16 heures. J’étais encore cloué sur ma couche comme un papillon sur la planche d’un collectionneur. De fait, notre lit est en planches. Elles-mêmes clouées à une structure de rondins de châtaignier boulonnés aux pannes du toit. Un lit suspendu, donc, auquel nous accédons par deux échelles verticales. Dessous, il y a les armoires. Cela avait beaucoup fait rire nos voisins que nous mettions notre lit sur l’armoire. Le médecin riait aussi, un peu jaune, mais on ne pouvait pas faire autrement, il vint donc s’accroupir à côté de moi dans le lit suspendu, à deux mètres du sol. Il me fit une injection, promit un effet miraculeux dans les prochaines vingt minutes, et se retourna pour descendre. Je le vis alors blêmir. « Je suis sujet au vertige » souffla-t-il. Il entreprit pourtant de descendre face au vide et cela n’y manqua pas, il se crispa soudain, incapable d’aller plus loin, cramponné aux rondins de châtaignier. Là je me demandai s’il allait aussi falloir appeler les pompiers pour sortir le médecin de mon lit.
              C’est Françoise qui fit les pompiers. En lui prenant les chevilles, elle aida l’homme de l’art à se retourner puis à patiemment descendre les échelons. Les Douglas n’avaient qu’à bien se tenir, j’étais en voie de guérison, tout seul dans mon lit suspendu. Mais on pourrait bien tirer une morale de cet épisode : prenez exemple sur le beau Douglas, ne vous laissez pas abattre ! Et clouez sur une planche l’outrecuidant bûcheron qui s’en prendrait à vous.
nov007 grue
(Détail : le contrefort à droite et à gauche le reste de parement interne du vieux mur)
            Et des ossements, un peu plus loin, la pluie en avait découvert d’autres : Un magnifique genou que je m’évertuai à dégager à la petite truelle, en archéologue patient. Puis ce qui ressemblait à des doigts, puis un fémur, puis une autre jambe entière. Pour dégager la suite, sur quoi pesait trop de terre, je dus ramener la mini-pelle et travailler avec tout le doigté dont j’étais capable. Là je mis au jour tout le thorax, côtes bien nettes, les omoplates et enfin le crâne. Très détérioré par le séjour en terre acide. Un peu allongé sur la mâchoire où je prélevai une dent, une énorme dent… de ruminant. Mon esprit cartésien poussa un soupir de soulagement, je n’étais que sur une nécropole animale, et pour concurrencer Thèbes et la Vallée des Rois en Égypte, Montpoulet repassera, mon squelette devait être celui d’un veau.
           Mais au bout de la patte, un pistolet.
            Une patte de veau tenant un pistolet ?!!! Je vous expliquerai la prochaine fois.
 


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Poules prisonnières libérées par sanglière

Publié le par Les Malaugenoux

Oui, je sais, on ne dit pas sanglière mais laie, sauf que cela rime moins bien... Elle est donc revenue, par deux fois, près du poulailler et par deux fois, ce qui a attiré mon attention, c'est la présence d'une poule dans le jardin. Hier je n'avais que mon téléphone sur moi, la photo n'est pas terrible. Ce matin, je suis reparti chercher l'appareil photo, en ai  fébrilement changé les piles, et ai surpris la mère à l'intérieur même de l'enclos; elle avait défoncé le grillage et toute la basse-cour retournait les feuilles mortes de la chênaie. Je ne dis rien de l'affolement créé par ma tentative de photographie : très jalouse de son droit à l'image, la laie ! Mais à un moment, lassée par tant d'insistance à la suivre dans la broussaille, la bête noire s'est figée pour un cliché, à l'ombre, il a fallu augmenter la luminosité. Les marcassins avaient déjà déguerpi.laie11.JPG

 

Hier, au téléphone, on dirait un taureau :

 

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Dimanche, derrière le filet anti-autour, après grossissement (engraissage ?) on aperçoit bien les marcassins :

 :laie06.JPG

 

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Vipère aquatique et laie, progéniture.

Publié le par Les Malaugenoux

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Elle vient de passer tranquillement sous nos porte-fenêtres, suivie par ses trois marcassins.

 

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Elle néglige les laitues du jardin pour s'arrêter manger on ne sait quoi derrière les filets anti-aériens du poulailler. Et après m'avoir senti, s'enfuit. Comme cherchait à le faire ce serpent :

 

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N'est-ce pas qu'on dirait, un peu, une vipère aspic ? Je l'ai d'ailleurs prise pour une couleuvre vipérine (dite vipère aquatique) et plus exactement d'un rejeton de celle présentée dans cette précédente page. Mais un lecteur herpétologue à ses heures me signale avec raison qu'il s'agit d'une coronelle girondine, une couleuvre souvent rencontrée à Montpoulet. À l'examen attentif en effet, point de grosses écailles sur la tête comme sur celle-ci. Pour ne plus me tromper, je consulterai dorénavant les magnifiques photos de ce lecteur averti.

 

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C'est elle qui attire le plus de visiteurs sur ce site. C'est vrai qu'elle est belle, et qu'elle ne cherche pas à mordre...   

 

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Et ce, dans le même lavoir où les poissons ont été empoisonnés par le bois (voir dernier épisode), sous la terrasse en bois maintenant terminée,

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    reptiles et batraciens se reproduisent donc sans problème. Serait-ce une petite salamandre ou un triton ?

 

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Publié dans Faune pouletmontoise

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Poules polies et poissons empoisonnés

Publié le par Les Malaugenoux

Chaque fois que je lâche les poules, nous entrons elles et moi en compétition alimentaire. Notre Nonce Apostolique, incidemment Garde des seaux marmites et casseroles, étant absente, je dois veiller moi-même à mon alimentation. Et je vise au plus rapide, au plus simple et au plus proche. Exactement comme les poules.

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Par exemple, elles raffolent des vers de terre. Elles les aiment tellement qu’elles sont prêtes à prendre tous les risques. Oui, le ver de terre est aux poules ce que le haschich est aux assassins (de l’arabe haschischin), c'est-à-dire que cela leur fait perdre toute conscience du danger. Lorsque je terrasse avec la pelleteuse, elles se glissent sous le godet avant même qu’il soit sorti de terre, et lorsque je veux avancer je dois prendre garde qu’aucune poule ne se soit déjà postée sous une chenille. Et ce n’est pas qu’elles confondraient chenille et chenillette… Cette association pelleteuse-terrassement- ver de terre est tellement inscrite en l’intellect de nos gallinacés qu’il suffit que je mette en marche le moteur de la première pour que les seconds accourent, suivent, ou précédent l’engin. Bon, heureusement, les vers de terre ne m’intéressent pas. Leur goût est très décevant. C’est celui de la terre et je n’ai pas la patience de mitonner des sauces.

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Les poules raffolent des fourmis. Moi de leurs œufs. J’en ai trouvé une fois des milliers entre deux tôles ondulées oubliées entre lesquelles elles avaient établi leurs quartiers. J’ai collecté l’oothèque, en ai sorti quelques aiguilles de pin et mis le tout dans une poêle avec un peu d’huile d’olive. Cela avait exactement le goût, en plus discret, en plus subtil, en plus délicat, des œufs de poule ! Il s’agit donc en la matière de leur laisser les pondeuses et de conserver leur ponte.faune-pouletmontoiseN0779.jpg

Non, là où je ne dois rien leur laisser, c’est quand elles prétendent s’attaquer aux nombrils de Vénus. Non pas que la déesse en ait eu plusieurs ; je parle des plantes sauvages que le dictionnaire appelle « succulentes » et la prétendue sagesse populaire « grasses ». Ces plantes ressemblent à des nombrils. Mais les poules raffolent de la verdure, on le sait peu. De vraies herbivores. Qui passent donc allègrement d’un steak de ver à une salade verte. Heureusement que celles-là poussent essentiellement sur les murs en pierre et ma taille me permet de les brouter (brouter des nombrils, ah !) plus facilement que mes concurrentes qui, trés polies, me laissent faire.

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Et, rien qu’avec les vers, les vermisseaux, les vermicules, la verdure et l’avènement du printemps, les poules me couvrent d'oeufs.

Voilà pour la première partie du titre. La deuxième est plus sérieuse.

J’ai tué tous les poissons du lavoir. Bien involontairement. En installant une terrasse, une sorte de « deck » en cœur imputrescible de sapin Douglas que j’abats, débarde et débite moi-même, voyez l’allitération. Du bois rouge. Pour ajuster, je rabote et c’est cela qui a tué les poissons. Je veux dire que les copeaux et la sciure sont tombés dans le bassin. Une sciure tout ce qu’il y a de plus naturel, un bois qui n’a connu ni l’engrais, ni le pesticide, ni le fongicide, ni l’insecticide. C’était oublier que la nature est, souvent, tout aussi toxique que les produits chimiques et qui proviennent tous de la nature. La sciure de bois tue les poissons, c’est comme cela, je l’ai appris à mes dépens. Et par « dépens », j’entends cette confusion totale entre naturel, chimique, sain et toxique.  

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23- Enterré là il y a trois cents ans.

Publié le par Les Malaugenoux

Résumé des épisodes précédents : Françoise et Bernard ont racheté en 1994 la ferme de l’arrière-grand-père de Bernard, à Montpoulet, Saint-Victor. Depuis la région parisienne, ils viennent d’abord y passer leurs vacances et débroussaillent. Ils retrouvent la source, découvrent une faune fabuleuse et des paillettes d’or tandis que la configuration cabalistique des fondations de la ruine les fait espérer un trésor. Ils viennent s’installer sur place en 1997. Leur permis de construire est refusé trois fois puis accepté après plusieurs recours, et les travaux vont bon train malgré l’amateurisme de ces « néo-ruraux » (on peut lire les épisodes précédents dans "La Chronique de Montpoulet»)

 

Un dimanche, nos voisins de Piquet nous avaient amené un couple de leurs amis dont le mari, un petit homme rondouillard et jovial m’avait pris à part d’un air de conspirateur. Il ne voulait pas que sa femme le voit. Il avait une sorte de pendule dans les mains et s’était positionné en-dessous du jardin de la Méjou do Vieux, face au Palais Principal.

« Dans cette direction, me souffla-t-il, je sens la mort… Oui, quelqu’un a été enterré là il y a trois cents ans ! »

« Par là », ça tombait bien, j’avais prévu de creuser. C’était la partie basse de l’ancienne ferme où l’on rangeait la charrette, entre deux « établous » à cochon, les « tetchous ». Ce mur, sans doute bâti à la hâte, n’était pas en bon état et il me fallait en consolider la base. Pour tout dire, dans cette partie-là, j’avais le fantasme d’installer un sauna en sous-sol, à même le rocher, sous la dalle de la salle à manger. Pour ne pas mégoter, j’avais même prévu une sortie par le bas : un trou d’eau où l’on plongerait pour passer sous le mur et se retrouver dans le lavoir, pour se rafraîchir.

Pour réaliser ces travaux pharaoniques, et vérifier la clairvoyance de l’ami de nos voisins, la pelleteuse s’imposait. Une « mini-pelle » plus exactement. Mon rêve de gosse. A l’époque, j’étais fasciné par les pelles mécaniques à cause de la rangée de manettes entre lesquelles le conducteur ne devait pas se mélanger les pinceaux. Il devait y avoir une manette pour fermer le godet, une pour l’ouvrir, une pour lever le bras, une quatrième pour le baisser, deux autres manettes pour l’avant bras, une pour la tourelle, et les deux dernières pour les chenilles. Sur les pelleteuses actuelles, seules les deux dernières subsistent. Les autres ont été remplacées par des « joysticks » comme pour les jeux vidéo. J’avais déjà joué en louant des mini-pelles à la journée, et j’avais découvert la formidable puissance de travail de ces petits engins. Ils m’avaient, entre autres, permis d’arracher des souches en une heure ou deux alors qu’à la main, cela prenait plusieurs jours. D’ailleurs cette mini-pelle, nous l’avions achetée pour cela, arracher les souches et effectuer l’immense travail de terrassement nécessité par l’installation d’une pompe à chaleur géothermique.

A la place de la charrette, rien, pas le moindre os, pas la moindre arête. Mon esprit cartésien s’en trouva soulagé. Mais, après la cavité pour sauna, j’attaquai l’excavation, de l’autre côté du mur, d’un futur réservoir destiné à conserver l’eau de pluie. Ce n’est qu’en apercevant deux os orangés, abîmés, sans doute un radius et un cubitus, que je me rendis compte que là où je creusais, de l’autre côté du mur aux fondations douteuses, c’était aussi dans la direction indiquée par le voyant. Mon esprit cartésien retint son souffle.

Il me faudrait revenir avec des outils un peu plus délicats, mais pour l’heure, pas question d’arrêter de jouer avec ma merveille, aussi je m’attelai à remonter la canalisation d’une source secondaire toute proche. Après les tuyaux en fonte, je découvris une tuyauterie en terre cuite dont je jugeai qu’elle devait être contemporaine de la construction primitive. Ces tuyaux de 53 cm de long, la fameuse coudée, emboîtés et cimentés les uns dans les autres, portaient une inscription faite avant cuisson. Je m’appliquai à la déchiffrer comme s’il s’agissait de hiéroglyphes, puisque je me sentais à présent, à la recherche du squelette (peut-être, qui sait, une momie) l’âme d’un Égyptologue. L’inscription indiquait « CLÉMENT NOUVENE PÈRE & FILS Fque de tuyaux coniques et cylindriques BOLLENE Vaucluse »

Ces tuyaux en terre aboutissaient, non pas à un captage comme je le prévoyais, mais à une antique canalisation patiemment construite en pierres plates non cimentées, un de ces « tous » dont Maurice m’apprendra que beaucoup de terres cultivées sont dotées pour drainer l’eau de pluie. Celle-ci remontait bien au-delà d’où je pouvais aller mais, après avoir enlevé les terres cuites, je m’aperçus que le tuyau de pierre avait été préservé par dessous et servait de drainage pour protéger l’ancienne étable des inondations.

Mais du coup, tout à mes recherches archéologiques, j’avais tellement creusé des deux côtés du mur que je ne l’avais certainement pas consolidé. Survint alors un « épisode cévenol » caractéristique des automnes par ici. Quatre-vingt litres au mètre carré en une seule nuit. La moitié de la terre remuée emportée vers le bas… et à contretemps, le lendemain, un vendredi après-midi, un grand badaboum, le mur complètement éboulé, principalement la partie demeurée découverte pour la future baie vitrée mais, et c’était toute l’horreur, en entraînant les soubassements de la nouvelle maçonnerie que j’avais construite, les deux tableaux de l’ouverture et surtout, surtout, ce qui soutenait l’énorme tronc d’arbre courbe que j’avais installé pour soutenir le futur toit, un sorte d’arbalétrier en bois rond, un sapin Douglas que j’avais abattu, fait débarder et transporter puis installé moi-même à grand peine, avec une chèvre et un palan. Et ce vendredi après midi je constatai qu’il avait déjà bougé d’un centimètre en direction du vide.

 

chevrearbaletrier.jpg(mis en place avec chèvre et palan- sur la gauche, en bas de l’ouverture, le mur qui va s’ébouler)

sep0425DSCN0086.JPG

 

nov003-grue.JPG(L’arbalétrier a bougé d’un cm en direction du vide)

Courant chercher des poteaux, des étais et tout ce que je trouvai pour étamper cette superstructure irréelle qui tenait en l’air par l’opération du Saint-Esprit (et, il faut sans doute le reconnaître grâce aux qualités mécanique du ciment fabriqué à Cruas, en Ardèche), je me souviens que je tremblais de peur ; pour la première fois de ma vie peut-être, l’angoisse de voir s’écrouler toute ma maçonnerie me secouait de tremblements. Comment allais-je contrer cette catastrophe, et qu’allais-je découvrir au bout des ossements mis à jour ? Et bien je vous le raconterai la prochaine fois.

 oct87-eboultrou.JPG(Étamper par tous les moyens)

 

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Mountchicken Joins Commonwealth

Publié le par Les Malaugenoux

Montpoulet adhère au Commonweath (vous savez, cette association d'anciennes colonies britanniques)

In order to get all chances on our side, we had our main highway lined up with bilingual signs :

Pour nous y préparer, la Route Nationale 1 s'est déjà parée de nouveaux panneaux bilingues :

  DSCN1633.JPG

  DSCN1631.JPG

DSCN1634.JPG

Cette dernière pancarte est de surcroît d'un intérêt pratique car, si l'on prend le rond-point dans le sens français, par la droite, il y a de fortes chances qu'on n'en ressorte pas...

This last one has (also) a practical reason ---Because of the Principality steep slopes, if you take that roundabout the French way (counter-clockwise) the odds are you'll never get out of it.

 

En fait l'idée est venue lors de mon dernier anniversaire où, tel un monarque libéral, j’ai décidé d’accorder l’indépendance...

As a matter of fact, it all began last summer when I turned a little more than a middle-aged man (who said an old fart?) and, as any liberal potentate would do, I decided to celebrate with granting independence ---

...enfin, plus exactement...  j’ai dévolu les pouvoirs de direction...

well, more exactly devolving the power for deciding which direction to take ---  

aux roues avant de mon tracteur. Elles vont où elles veulent, donc je m'attendais à des surprises.

to the front wheels of my tractor: they could go wherever they wanted and I expected a few adventures. 

Elles militaient depuis longtemps. Elles font partie du  Mouvement pour les Droits Inédits pour relancer la Militance et donner à ses leaders de confortables sièges de fonctionnaires. Par exemple : «le droit de rouler à gauche quand l’autoradio  diffuse une chanson anglaise ».

They had been activists for quite a while. They belong to the Movement for Unheard-of Rights intended at boosting political activity and procuring its leaders comfortable parliamentary seats. For instance the right to drive on the left side of a French road when the radio plays an English tune.

 Histoire donc de mettre tout le monde à l'unisson, la Principauté a décidé de ne diffuser que de la musique anglaise et d'instituer la conduite à gauche pour tous, la seule qui soit parfaitement naturelle.

It was hence a matter of public order for the Principality to prohibit anything but English music and to enforce left-hand-side driving for all.

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Je me lance dans l'humanitaire

Publié le par Les Malaugenoux

Je dis souvent que je ne sais pas quoi faire de mon pognon (je gagne autant en fin de carrière qu'un juge au début de la sienne). Donc j'ai décidé d'investir dans l'humanitaire, enfin je ne sais pas trop bien comment appeler cela, on disait le caritatif autrefois, bref, je viens d'acheter un gros 4x4.

 

D'abord parce que c'est leur outil de travail à tous ces humanitaires, vous avez remarqué, et puis le mien, il est fabriqué en Roumanie... Je contribue donc à donner du travail aux Roumains et à éviter que leurs minorités ethniques viennent faire la manche sur les trottoirs couverts de la Rue de Rivoli.

 

Évidemment, un gros 4x4, cela ne correspond pas bien à mon personnage. Je suis excessivement modeste et discret, absolument pas porté sur la prétention, et puis comme le dit la prétendue sagesse populaire, un quinqua qui achète un gros 4X4, c'est comme un ... report d'affection ; comme il ne peut plus dans un certain domaine, il se suréquipe dans un autre, mais à l'époque des aphrodisiaques pharmaceutiques, cela ne tient pas. Et quoi qu'il en soit, s'investir dans l'humanitaire, cela vaut bien quelques sacrifices.

 

Il fallait par exemple choisir entre des options telles que « pack baroudeur » et « kit look » ; c'est une voiture où presque tout est en option, même les roues (enfin, la roue de secours en tout cas). J'étais très gêné, et le vendeur l'a bien vu ; j'appelais cela les options « matuvu », pour ceux qui ne le sont pas du tout, baroudeurs, et qui veulent juste en avoir l'air pour descendre les Champs Élysées. Alors il m'a dit pas du tout, c'est le « kit look » pour frimer ; le « pack baroudeur », c'est très utile, ça évite de rayer les portières quand vous tombez dans les ravins, y'a un ski à l'avant, un ski à l'arrière, ça vous permet de surfer sur les congères, ça peut vraiment servir.

 

La poire en deux, c'est comme cela que je l'ai coupée. J'ai pris le « pack baroudeur » mais pas le « kit look ». En matière de sacrifice de soi et d'humanitaire, il y a des limites à ne franchir, il faut savoir jusqu'où l'on peut ne pas aller trop loin.

 

 

 

 

 

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22- J’ai renversé le tracteur trois fois.

Publié le par Les Malaugenoux

Résumé des épisodes précédents : Françoise et Bernard ont racheté en 1994 la ferme de l’arrière-grand-père de Bernard, à Montpoulet, Saint-Victor. Ce n’est plus qu’un tas de pierres recouvert de végétation. Ils débroussaillent, retrouvent la source, découvrent une faune fabuleuse et des paillettes d’or tandis que la configuration cabalistique des fondements de la ruine les fait rêver d’un trésor. Ils obtiennent leur mutation en 1997 et viennent s’installer dans une caravane. Leur première demande de permis de construire est refusée puis acceptée, mais il leur faut déposer une nouvelle demande qui leur est refusée pour risque d’incendie. Devant la preuve qu’il y avait eu une erreur dans l’instruction du dossier, le préfet s’incline mais la DDE rédige alors un permis impossible à réaliser tant les prescriptions sont coûteuses, sauf grâce aux conseils malicieux du Sous-préfet. On peut commencer à gâcher le mortier !

 (Premières publication dans l’Écho des Trois Clochers, 07410 Saint Victor)

Je reconnaissais un peu plus haut n’être qu’un piètre maçon et, promis, je raconterai un jour mes murs éboulés, dont celui qui a fait éclater la piscine. Mais il me faut d’abord, pour respecter un peu la chronologie de la chronique, confier mes débuts chaotiques dans le métier de paysan amateur.

Fatigués des brouettes, nous avons acheté un tracteur. Je l’ai retourné trois fois. Et j’ai survécu pour vous le raconter.

La première fois, c’était un Kubota très usagé acheté à Saint-Félicien mais qui avait dû faire le bonheur très longtemps d’un oriental agriculteur. C’était l’époque où je rebâtissais le muret de pierres sèches qui délimite le chemin au dessus de la maison et en dessous de notre caravane de chantier. Prévu pour des charrettes PR (pente raide) à petit empattement, le chemin était trop étroit pour une voiture. Il fallait repousser le mur d’un mètre et je me débarrassais de l’argile en trop pour élargir le « Virage de l’Inca » juste au-dessus de la « méjou do vieux » où il manquait encore le toit. Ce devait donc être en fin de siècle, en 2000.2000-tracteur01.JPG 

J’utilisais donc le tracteur et sa benne, bientôt en délicate posture, avec les deux roues droites bien trop engagées dans la descente pour qu’elles s’en sortent. Pas besoin de câble cette fois, me dis-je, puisque je peux maintenant amener la voiture. J’attelle avec la chaîne de débardage et fais deux essais. A chaque fois le tracteur bascule un peu plus dans le vide. A la troisième tentative, je ressors de la fourgonnette en me disant « tiens, t’as pas mis le frein à main, mais c’est vrai qu’avec la descente dans l’autre sens, elle risque pas d’être entraînée par le tracteur ». Et à peine je touche le tracteur que le voilà qui dévale la pente en direction de la maison… immédiatement suivi par la voiture que j’évite tout juste d’un bond de côté. La voiture s’encastre dans un cèdre que la providence avait planté là, pour protéger la maison des chauffards sans doute, et, retenu par la chaîne, le tracteur se retourne plus bas et se met à cracher son huile. Je me précipite pour couper le moteur, pas facile, la manette des gaz est dessous.

Et puis j’appelle au secours le voisin Maurice, notre ange gardien, qui arrive bientôt avec son tracteur (un vrai, un gros) et qui s’indigne que je sois en train de prendre des photos du spectacle : la voiture autour du tronc du cèdre, le tracteur roues en l’air et le total suspendu au-dessus de la maison en reconstruction.

 

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Maurice remonte très facilement le tracteur, mais pour la voiture, ça coince sur la souche d’un autre cèdre que j’ai abattu et il faut faire passer le câble autour d’un troisième.

 

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Comme ce n’est pas la première fois que je manque verser avec le tracteur, Françoise me persuade d’en acheter un neuf qui soit doté d’un arceau de sécurité. C’est un bel Iseki mais c’est, ah l’ironie du sort, à cause de son arceau que je renverse le tracteur à nouveau, et cette fois moi avec.

Il y a, enfin, il y avait, puisque l’accident a signé son arrêt de mort,  sur la voie du sud, en direction de Lionneton, un pin sylvestre qui penchait sur le chemin. Pas assez pour m’empêcher de passer avec le vieux tracteur sans ralentir. Mais avec le neuf, tout juste deux jours après l’avoir reçu, je fais attention à ce que l’arceau, pourtant à demi replié, ne soit pas bloqué par l’arbre, je regarde donc bien l’arceau en passant et… je ne regarde pas le chemin. Sauf quand je sens l’engin pencher à son tour vers le vide. Tout va très vite, l’avant du tracteur percute un jeune frêne, ce qui accentue le retournement, je suis projeté dans les ronces et j’ai juste de temps de penser « maintenant je vais prendre une tonne sur la tête » quand je vois passer l’engin à côté de moi. J’ai roulé tout droit, mais le tracteur, à cause de l’arceau replié, roule en biais, m’évite et va se bloquer sur une petite terrasse en contrebas.

Ce qui m’envahit, c’est l’immense honte d’avoir renversé l’engin tout neuf. Je remonte donc à la maison chercher câble et tire-fort, je ne dis mot, et parviens, au bout d’une bonne heure d’efforts, en utilisant successivement plusieurs arbres pour y attacher le câble, à remettre le tracteur sur ses roues. Il ne reste plus qu’à laisser l’huile se remettre en place, cela tombe bien, c’est l’heure du déjeuner où personne ne remarque mes jambes et bras égratignés. Une heure encore plus tard, le tracteur redémarre sans difficulté, bien dans la pente dont je le fais sortir par le bas.

 

                Le troisième retournement est beaucoup plus récent, il date de 2009, un été où j’ai frôlé la mort deux fois. La mort a la peau fine, douce et soyeuse, peut-être même duveteuse : je ne l’ai pas sentie du tout. Ce n’est qu’après sa caresse que j’ai senti le soufre et l’encens.

Sa première passe fut un coup de foudre. Lors d’un des orages du mois d’août, je profitais de l’intempérie pour affûter mes chaînes de tronçonneuse. La meule est électrique, je l’avais branchée sur une prise sans terre. La terre jalouse me l’a rendu. Le choc s’apparentait à la châtaigne qu’on peut expérimenter à loisir en mettant deux doigts dans une prise. Mais à puissance dix, environ… C’est mon hurlement qui a alerté Françoise. Comme il coïncidait avec l’éclair et que le tonnerre en était le point d’orgue, elle s’est précipitée en craignant ne trouver qu’un tas de charbon. Utile en période de barbecue. Mais pas du tout, puisque je vous parle. J’avais juste les bras qui tremblaient et très mal, mais alors là très mal à la tête, un peu comme après une cuite mais… puissance dix, environ.

La mort m’avait allumé, restait à consommer je suppose. Elle m’a donc fait renverser le tracteur quelques jours plus tard. Tout fut de la faute d’une vieille souche de sapin Douglas, abattu il y a pourtant dix ans, mais pas complètement digérée par les fourmis. Quand il a importé le Douglas fir en Europe, Douglas, le Sir, a omis d’en importer le parasite, c’est ballot. J’étais en première rapide, l’endroit était familier et ne présentait pas de danger excessif,

(vous avez remarqué que dans les endroits les plus dangereux on fait tellement attention qu’on n’a pas d’accident, et que donc, ah l’ironie du sort encore, ce sont les endroits les plus dangereux qui sont les moins dangereux,)

… c’était mon dernier chargement de pierres, j’allais mettre l’engin au calabert, j’étais sans méfiance. La mort adore cela sans doute. Jusqu’au bout d’ailleurs, je n’y ai pas cru. « Non, je ne suis pas en train de verser, mais non, c’est pas possible». Jusqu’au bruit sourd des six quintaux dans les ronces. Prisonnier des épines, hébété, je restai à me dire que non, les six quintaux finalement, je n’allais pas les prendre sur la figure, merci à l’arceau,  et ne vis pas le moteur qui se mit à fumer puis cala. La mort dépitée eût alors une odeur de gazole et d’huile de vidange.

Pour remettre l’engin sur pieds, j’avais maintenant une mini-pelle qui avait sans doute été à l’origine du premier éboulement dans la maison en construction, mais je vous raconterai cela la prochaine fois.

 

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