Sacrifier une poule au solstice d'hiver...

Publié le par Les Malaugenoux

 
... grisaille, brièveté du jour, il est temps de procéder à un sacrifice pour faire revenir le soleil.

        Et alors c'est le chasseur, le Cro-magnon mâtiné de Néanderthal, qui se réveille en moi dès qu'il faut aller capturer poule ou coq pour les sacrifier à l'autel du solstice et, incidemment, les mettre au pot. La poule est assez facile. Un peu de grain pour l'appâter, quelques secondes sans bouger pour la mettre en confiance et dès qu'elle a bien le regard dans la mangeoire, ma lourde patte sur son dos. L'idiote croit que c'est le coq qui l'honore, donc elle regimbe à peine puis s'écrase au sol et relève la queue pour s'offrir. Rapidement je lui prends les pieds et les lie d'un morceau de chambre à air de tracteur. Pour le coq c'est une autre affaire. Une corrida inversée (quand il charge, c'est pour m'éviter, c'est pour esquiver la muleta), un duel d'agilité. D'abord le diriger dans un angle et anticiper sa manoeuvre, avancer au plus près à égale distance des côtés de l'angle, géométrie euclidienne bien en tête, pour que jamais il ne trouve l'ouverture et quand, éperdu, désespéré, il se lance pour profiter du moindre espace, entre mes jambes, au dessus de mes bras voire au-dessus de ma tête, viser les pattes là aussi.

        Pas d'hallali mais une mise au mort à la dague. Un couteau de cuisine sans dents et fraîchement aiguisé en pointe à la meule près du bachat. Tenir la tête de côté pour bien repérer l'oreille et piquer puis trancher lestement pour qu'à la fois jugulaires et carotides libèrent le plus vite possible leur contenu, âme et moelle. Sans plus de douleur pour l'animal qu'un geste malheureux du rasoir lorsqu'on se rase à l'ancienne.

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