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La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

Publié le par Prince Bernard

La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

Année de foin année de rien, dit ma mère.

Juste après avoir posé mon pied gauche sur l’herbe sèche que je venais de couper, je me suis affallé brutalement. C’est extrèmement glissant l’herbe sèche, je me souviens d’un été où pour aller mettre en route la pompe en bas de la pente, je descendais en luge. Je me suis affallé brutalement sur le côté droit et la convexité de mon grill costal s’est écrasée sur celle du bloc moteur de ma débroussailleuse ; « grill costal », c’est comme ça qu’ils vont dire à l’hôpital. Je me demande ce qu’on peut y faire griller. Des côtelettes, sans doute. Souffle coupé, j’ai tout juste pensé à couper le contact. Douleur intense, j’ai repensé au précédent écrasement de grill costal. Il s’était soldé par un pneumo-thorax. Aussi j’attends que la douleur s’atténue avant de reprendre le travail. Le dimanche, je rentre aussi trois remorques de bois sans trop souffrir. Mais le lundi matin, après trois autres remorques, la douleur est telle que j’ai de la peine à descendre du tracteur. Je me dis alors que y’a certainement quelque chose de cassé et puisque cela me fait bien plus mal que l’autre fois, qu’il n’y en a pas qu’une de cassée, de côte. J’appelle mon médecin qui me dit d’aller directement aux urgences. J’ai de la peine à entrer dans la voiture et le moindre soubresaut m’arrache un gémissement.

Les urgences sont un jeu de piste. Une partie de l’hôpital a brûlé et des flèches indiquent un nouvel emplacement. Je me perds un peu, me méprend sur le sens des nombreux placards et me retrouve à faire la queue en médecine. Puis enfin aux urgences où une secrétaire me fabrique un joli bracelet avec mes nom, prénom et date de naissance, au cas où je serai pris d’amnésie subite, ainsi qu’un très impressionnant code barre dont je suppose qu’il contient tout mon dossier médical. C’est ce que je crois encore quand la blonde urgentiste lit sur son écran que je suis venu l'an dernier me faire coudre une entaille de tronçonneuse. « Oui, je suis très maladroit », je confirme. Mais le code barre n’est qu’un numéro (« Je ne suis pas un numéro ! Qui est le numéro Un ?»)

 

La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

Elle a l’air surprise que je sois venu par mes propres moyens. « Il y en a qui n’hésitent pas à appeler les pompiers pour une blessure à la main », explique-t-elle.

Elle m’ausculte avec les mains, me fait un mal de chien en m’appuyant sur le ventre, bizarrement, et puis avec un échographe même sous la ceinture de mon pantalon qu’elle défait elle-même (!). Et puis on vient me chercher pour la radio alors qu’elle m’a engagé dans un débat sans fin sur le niveau qui baisse en français dans la génération de ses enfants.

 

Finalement rien n’est cassé. La nature n’est donc pas bien faite puisque une côte cassée fait moins mal que rien de cassé. « Mais je vous interdis tout effort », me dit-elle avec un sourire malicieux comme si elle savait que je n'obéirais pas. Elle m’explique que même sans fracture, les ligaments, tendons, et vaisseaux sanguins ont franchement été dérangés par la convexité du bloc moteur. « Et je vous ai fait une ordonnance qui comprend un anti-douleur, un décontractant musculaire et un anti-inflammatoire ».

Il n’y a pourtant, je pense, que la douleur pour m’empêcher de reprendre le débroussaillage… C’est donc qu’elle, docteur en médecine, ne pense pas que la nature soit bien faite.

La nature fait-elle bien les choses et les médecins connaissent-ils la réponse ?

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Maurice-Jean Calvet, un Saint-Victorien d'envergure

Publié le par Prince Bernard

La principauté de Montpoulet est enclavée dans la commune de Saint-Victor en Ardèche avec laquelle nous entretenons de cordiales relations. Si cordiales que nous commençons ici une série d'hommages à ses composantes, tant personnelles que monumentales.

Maurice-Jean Calvet, un Saint-Victorien d'envergure

Au village, on l’appelait l’ambassadeur. Il ne l’était pas. On disait aussi qu’il avait été pilote de chasse. Il ne l'avait jamais été. Il habitait cette grande maison aux façades claires qui domine le village et où l’on est accueilli par une citation de Virgile : carpent tua poma nepotes ( tes neveux cueilleront tes fruits).

Á Chantelermuze, nous le connaissions linguiste puisque l'association est en possession de son mémoire de maîtrise consacré au patois de Saint-Victor et qui recense pratiquement tout le lexique de ce parler qu'on classait alors dans la famille du provençal. Plus austère pour le néophyte, peut également se feuilleter un mémoire de DESS (*) , préambule à un doctorat, et consacré à la phonologie du même patois que l'auteur considère comme un des mieux conservés et des plus authentiques de la région. On apprend dans ces mémoires que la mère de l'auteur est originaire de Saint-Victor.

Mais il y avait effectivement un peu de l’ambassadeur et du pilote de chasse chez Maurice-Jean Calvet, un petit livre vient préciser ces deux réputations : Échec au Putsch, publié , vraisemblablement par son auteur, en 1970. Les rabats de la couverture nous apprennent qu’après un doctorat ès Lettres, il a mené une carrière universitaire jusqu’à devenir directeur du Centre de Linguistique Appliquée de Dakar où il se consacra à la « décolonisation de l’enseignement du français en Afrique ». Voilà pour… l’ambassadeur.

Pour le pilote de chasse, on est plus près de la vérité puisque pendant la guerre d'Algérie il fut sous-lieutenant observateur dans une unité aérienne chargée de surveiller la frontière algéro-marocaine par laquelle se faisaient des infiltrations du FNL. Il ne pilotait donc pas (il observait) mais avait deux pilotes et leurs appareils sous ses ordres.

Maurice-Jean Calvet, un Saint-Victorien d'envergure

         La tentative de putsch en avril 1961 le fait immédiatement réagir. D’abord en paroles, ce qu’il décrit avec une étonnante minutie dans son récit. Entrant parfois en conflit avec des camarades officiers peu inclins à la rébellion ou carrément favorables au maintien de la domination française. Puis en actes puisque, dès l’appel du Général de Gaulle et son vibrant       « aidez-moi », il prépare le rapatriement de ses appareils vers la métropole. Le linguiste fait d'ailleurs une remarque inattendue à propos de la célèbre phrase du Général (« ce pouvoir a une apparence : un quarteron de généraux en retraite ») : « Nul doute que le mot « quarteron » utilisé pour la première fois dans cette acception, se révèle désormais chargé d’un sémantisme nouveau qui restera après de telles lettres de noblesse ! »

         Une traversée complète de la Méditerranée n’est pas envisageable pour ses « broussards », des avions très maniables et robustes, devenus légendaires, mais à l’autonomie limitée de 1200 km. Il opte donc pour aller demander asile à l’enclave britannique de Gibraltar. Il parvient à se procurer les cartes aériennes indispensables et décolle, apparemment sur un coup de tête, en fin de journée. De plus, un de ses pilotes, marié sur place, préfère ne pas le suivre et il lui faut donc piloter lui-même alors qu’il n’a pas encore terminé sa formation. 

         C’est là que la narration devient haletante : le commandement militaire envoie une patrouille à sa poursuite et il doit voler au ras des vagues et puis voilà  notre pilote débutant, simple appelé quoique officier, qui va devoir poser son avion sur un terrain réputé peu facile et en pleine nuit. Il se fait guider par le pilote du premier avion qui, dès que posé, se précipite dans la tour de contrôle. L’atterrissage est cahotique et se solde par la destruction d’une hélice mais l’apprenti pilote s’en tire à bon compte, est accueilli avec beaucoup de respect par la garnison britannique, peu de chaleur par le consul de France mais, par chance, beaucoup d’enthousiasme par une résidente française Compagnon de la Libération et proche de De Gaulle. C’est elle qui va le tirer d’affaire.

         Car en effet, son geste n’est ni plus ni moins qu’une désertion, surtout que le coup d’état fait long feu et qu’au bout de cinq jours tout est rentré dans l’ordre. Calvet a quelque peine à faire reconnaître que son geste était le plus indiqué mais sa protectrice lui permet d’échapper à une sanction et il quitte l’armée trois mois plus tard. 

 

 

* Thèse publiée ultérieurement sous le titre Le système phonétique et phonologique du parler provençal de Saint-Victor en Vivarais, dégagé sur la base de données instrumentales.

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Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.

Publié le par Prince Bernard

L'Écho des Trois Clochers est un des périodiques du village français à la frontière de Montpoulet. Il contient ce 33é épisode de La Chronique de Montpoulet. L'épisode reprend quelques articles déjà publiés ici de façon disparate. Les voici ici réunis avec davantage de photos.

33è épisode : L'affriolant frôlement des frelons.

Résumé des épisodes précédents : Françoise et Bernard ont racheté en 1994 la ferme totalement en ruines de l’arrière-grand-père de Bernard, à Montpoulet, Saint Victor. Ils viennent d’abord y passer leurs vacances et défrichent. Ils retrouvent la source, une faune fabuleuse, des voisins hospitaliers tandis que la configuration cabalistique des fondations les fait espérer un trésor. Ils viennent s’installer dans une caravane en 1997. Leur permis de construire est accepté après trois refus, et les travaux vont bon train malgré l’amateurisme de ces néo-ruraux. Après avoir retourné son tracteur trois fois, Bernard fait écrouler toute une façade, deux pins douglas manquent tout juste lui coûter la vie, et leur petit poulailler est régulièrement razzié par renards, rapaces ou fouines (voyez les numéros précédents de l'Écho des Trois Clochers, ou bien http://www.magnouloux.fr). Et dans la série Nos amies les bêtes, d'autres animaux leur créent des soucis :

 

        Les frelons par exemple. Après plusieurs nids dans des murs, invisibles, nous en avons eu deux en en plein air de toute beauté. En effet les frelons sont des artistes. Il ne sont pas agressifs, c'est juste que, par comparaison avec les guêpes de terre qui attaquent tout ce qui bouge, et étant donné qu'un frelon est cinq fois plus gros qu'une guêpe, dont il se nourrit, soit dit au passage, on craint le pire. Le frelon est discret : Françoise est allée maintes fois près du premier nid, caché derrière un arbalétrier du planchat, sans les remarquer du tout, tellement le véritable artiste est discret. Mais quand ils ont commencé à venir butiner les lampes du Palais, il a bien fallu trouver leur repaire, collé aux voliges.

           En essayant de ne pas les déranger, nous sommes venus rendre hommage à leur talent d'architectes et de stylistes. Ne dirait-on pas une création d'Antonio Gaudi, le créateur de la Sagrada Familia de Barcelone ?

Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.
Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.
Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.

       Leur deuxième œuvre d'art, deux ans plus tard, apparut dans la caravane ; Françoise était venue changer les draps, elle a senti comme une odeur, elle a relevé la tête, ils étaient là, pacifiques, à quelques centimètres de son visage. Elle partie en courant. Nous sommes revenus à deux prendre les draps, ranger, photographier. Ils n'ont rien dit. Françoise leur a même le lendemain amené des admirateurs, des randonneurs australiens qui parcouraient le GR42. Ils ont beaucoup admiré...

Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.
Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.
Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.

          Et puis, deux semaines plus tard, j'ai voulu refaire des photos, le nid s'étant agrandi. Et j'ai commis l'erreur d'utiliser un flash. J'ai pris des notes : y'a dû y avoir malentendu. Au premier flash deux éclaireurs me sont venus dessus, j'ai reculé et puis je suis revenu faire une photo de plus près. Ils ont dû prendre l'objectif pour une arme puisqu'ils ont attaqué la main qui tenait l'appareil photo. Un quart d'heure plus tard, je me sens tout bizarre... J'ai des fourmillements sous la plante des pieds et à l'instant, sur le tracteur, j'ai cru que j'allais perdre connaissance, je voulais arrêter le tracteur et aller chercher un téléphone mais pas d'endroit pour se garer, j'ai continué, la nausée s'est finalement enfuie...

 

           La guerre était déclarée. Nous avons pourtant essayé de garder la tête froide : c'était juste le flash ; ils ont cru à une attaque. Une sorte de méprise. On va pas se battre sur un quiproquo quand même ! Non, mais ce qui nous a décidé à passer à l'offensive, ce sont les immondices qui s'amoncelaient sous le nid (pas plus d'Assainissement Non Collectif que de tout-à-l'égout chez la gent frelon) et l'odeur pestilentielle qui en résultait. Françoise a revêtu son armure de chevalier blanc et, deux rafales d'insecticide plus tard, les frelons avaient vécu :

Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.
Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.
Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.

Nos (pas tant) amies les bêtes (que ça), bis :

       Ils ont attaqué à l’aube comme il se doit. Ils étaient deux, l’un rabattait, l’autre abattait. Méthodiquement et sans perdre de temps. Sans même celui de la jouissance et de la réflexion. En vrais professionnels. Sans le moindre sentiment. La neige amortissait tous les bruits. Les naines leur ont échappé, grâce à leur pouvoir de voler, mais pas les pondeuses, ni le maître.

Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.
Écho des Trois Clochers n°44, ou 33è épisode de la Chronique de Montpoulet.

         Pour garder l’un des deux assaillants prisonnier, le cousin Roger a condamné la porte avec un piquet de tente. Mais la porte a été défoncée et le prisonnier a disparu. J'ai le piquet en main quand je commence à suivre les traces. Intelligentes, les traces, faites pour perdre les poursuivants, avec de nombreux aller-retour. En passant devant le calabert, j’ai une idée. Trois coups de meuleuse et mon piquet devient lance ; alors quand je repars sur les traces de la Bête, je suis Lancier du Bengale à l’assaut de la frontière du nord-ouest, je suis la Cavalerie Fédérale sur les traces des voleurs de chevaux, Calamity Jane et Heraklès en un mélange d’attendrissement féminin (quand même, c’est qu’une bête, c’est pas sa faute, elle avait faim...) et d’inflexibilité vengeresse (Monsieur, si c’étaient mes poules qui étaient venues chez vous, défoncer la porte et tuer votre mastard, n'auriez-vous pas essayé d’empêcher ma volaille de nuire encore ? Et je vous interdis de rire !)

         Et puis, hein, marre d’être fonctionnaire et d’être protégé de toutes parts, encadré sous tous les angles, assuré contre vents et marées. Envie de revenir à l’âge de pierre, envie de faire mentir l’évolution selon Darwin, envie d’en découdre avec la vie, même au péril de la sienne…

 

           L’attaque c’était donc vendredi matin, une des deux bêtes, le (chien) loup s’est échappé à l’arrivée de Roger et de Françoise, l’autre fut donc barricadé à l’intérieur. Furieux, il cherchait à sauter par-dessus la grille mais se heurtait au filet anti-rapaces ; debout, il l’atteignait, à 1,80m ! Françoise a appelé la gendarmerie. L’affaire leur paraissant de la plus haute importance, ils annoncèrent qu’ils venaient tout de suite puis, une demi-heure plus tard, que la neige les empêchait de monter. L’armée française n’a pas pu atteindre Montpoulet ! (J'ai pris des notes : en cas de guerre avec la France, attaquer en hiver). Ils conseillèrent d’appeler le maire. Celui-ci conseilla soit d’abattre la bête soit de porter plainte à la gendarmerie.

           C’est ce que je fais le samedi matin, après avoir perdu la trace dans la neige. La gendarmette qui prend ma déposition confirme qu’ici, l’armée française traite d’affaires de la plus haute importance stratégique. Sa première déposition, me confie-t-elle alors que je m’excuse de la déranger pour si peu, les dommages étant estimés à… 30 ou 35 €, sans compter c'est vrai le préjudice moral des œufs tout chauds et du cocorico disparus, concernait une plainte contre un coq tonitruant le matin tôt.

            Les gendarmes ont bien mené une enquête, nous en avons eu des échos, mais les chiens errants n'ont jamais été retrouvés. Je suis par ailleurs toujours fonctionnaire et Montpoulet n'a pas encore attaqué la France.

On pourrait croire, à lire ces derniers épisodes que nos Amies les Bêtes aient été à Montpoulet nos ennemies. Mais heureusement il y eut aussi les aigles mangeurs de serpents. Des aigles à Montpoulet ? Allons donc ! Et bien si, et je le prouverai au prochain numéro de l'Écho des Trois Clochers.

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La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

Publié le par Prince Bernard

 

J’ai déjà raconté comment à Montpoulet les arbres savent se défendre lorsque je cherche à les abattre, comment un pin douglas m’avait cloué sur une planche ; comment un autre m’avait envoyé à l’hôpital avec un pneumothorax et comment je m’étais planté la tronçonneuse dans le mollet en voulant débiter un troisième. Mon voisin Maurice résume tout cela en un sibilin « Le bois, c’est traître ! ». Dernier exemple en date : le pin sylvestre qui menaçait nos lignes d’approvisionnement en électricité et téléphone. Déjà une de ses branches, en se détachant, avait failli couper le fil du téléphone et tordu la cornière qui l’attache au poteau.

 

La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

Quand la nature s’attaque à votre connexion internet, on ne peut que contr’attaquer, non ? Seulement voilà, un pin sylvestre, cela vous a souvent une sorte de coiffe, des branches en parapluie au sommet (comme celui qui avait accueilli le nid de circaètes ) qui empêchent le tronc de se coucher complètement. Il faut alors tronçonner des branches qui sont en tension et qui risquent de vous éclater à la figure en provoquant le basculement de tout l’arbre sur vous.

La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

J’avais pour celui-ci consciencieusement évité tous les pièges quand je m’attaquai à une dernière branche de moins de dix centimètres de diamètre mais dont je ne voyais pas qu’elle était plantée dans le sol. Et c'est bien là que se nichait toute la sournoiserie du pin sylvestre. Crac, la blessure du bois se referma sur le guide-chaîne et ne voulut pas le relâcher. Dans un dernier sursaut, l’arbre me confisquait ma tronçonneuse !!!

Je me débattis en tordant mon engin dans tous les sens pour le dégager. Rien à faire, il fallait négocier… Finalement, j’obtins, en démontant la machine, de reprendre le bloc moteur, puis le guide-chaîne. Le pin sylvestre gardait la chaîne en otage.

Bon, je l’avais bien eu, finalement, parce-que, hé hé… j’avais une deuxième chaîne.

La défense sournoise du pin sylvestre qu’on abat.

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Boun djou boun an

Publié le par Prince Bernard

Bonne année !

Sortons de nos tours crénelées

pour aller trouver la lumière là

où nous ne la savions pas !

Boun djou boun an

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Bombus hortorum ou lucorum ?

Publié le par Prince Bernard

Je les ai longtemps appelés des « abeilles charpentières », cela m'arrangeait, cela me faisait des collègues pendant les travaux. Mais maintenant que les travaux sont finis j'ai pris la peine d'approfondir la question : il s'agit de simples bourdons, bombus, comme dans Les Voyelles de Rimbaud, et dont il existe de nombreuses variétés. J'hésite quant à celui-ci, même après examen attentif des bandes de couleurs qui le décorent comme un drapeau. Est-ce l'hortorum, qu'on dit hirsute et abondant dans les jardins, mais je l'ai trouvé dans la bibliothèque, ou le lucorum au collier et deuxième bandeau jaune citron, mais entre le jaune citron et le jaune canari, je me perds ?

Bombus hortorum ou lucorum ?
Bombus hortorum ou lucorum ?Bombus hortorum ou lucorum ?Bombus hortorum ou lucorum ?

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Le vice de la vis indévissable

Publié le par Prince Bernard

Nos députés se sont récemment penchés sur le problème de l’« obsolescence programmée ». Mais pour programmer, il faut vouloir, il faut en avoir l’intention, deux choses impossibles à prouver. Humblement je leur propose plutôt d’interdire les artifices visant à empêcher de simples réparations, ce qui, relevant du concret le plus basique, est facile à prouver. Exemple :

J’ai eu récemment trois appareils électriques en panne. Un aspirateur, une meuleuse et un sèche-cheveux. La seule cause en était la coupure des fils d’alimentation en cuivre à l’endroit où ils sont le plus souvent tordus, invisibles sous le plastique du cordon. Rien de ne plus simple à réparer. Il suffit au minimum de raccourcir, et au pire de changer le cordon et sa fiche. Cela fut rondement mené pour l’aspirateur, loué soit monsieur Dyson, puis pour la meuleuse, encensé soit monsieur Bosch, mais pour le sèche-cheveux, je butai sur deux vis indévissables. LE vice. Maudit soit monsieur Braun !

J’ai une (dé)visseuse électrique dont le coffre ne contient pas moins de quatre-vingt têtes différentes, de façon à s’adapter toutes les têtes de vis de la création. Des fentes plates, des fentes étoilées, des fentes hexagonales, des fentes rondes (sic), des fentes bilabiales, etc. mais rien pour les vis à fente spiralée du sèche-cheveux. Il m’a fallu plusieurs heures pour en venir à bout et s’il avait fallu payer un réparateur pour cette réparation simplissime, cela aurait bien coûté l’équivalent de dix sèche-cheveux. Sauf à compter le traitement des déchets.

Je reconnais toutefois que ma passion pour le bricolage de réparation dépasse parfois les limites du raisonnable. Quelques exemples :

Acier chromé très difficile à percer. Un seul boulon ne suffisait pas à rendre l'ustensile non intempestivement repliable.
Acier chromé très difficile à percer. Un seul boulon ne suffisait pas à rendre l'ustensile non intempestivement repliable.Acier chromé très difficile à percer. Un seul boulon ne suffisait pas à rendre l'ustensile non intempestivement repliable.

Acier chromé très difficile à percer. Un seul boulon ne suffisait pas à rendre l'ustensile non intempestivement repliable.

Pour ne pas se brûler les doigts, il a fallu isoler le boulon avec de la cordelette.
Pour ne pas se brûler les doigts, il a fallu isoler le boulon avec de la cordelette.Pour ne pas se brûler les doigts, il a fallu isoler le boulon avec de la cordelette.

Pour ne pas se brûler les doigts, il a fallu isoler le boulon avec de la cordelette.

Pour que l'histoire ne se répète pas, j'ai remplacé l'indévissable par une vis à fente... droite.Pour que l'histoire ne se répète pas, j'ai remplacé l'indévissable par une vis à fente... droite.

Pour que l'histoire ne se répète pas, j'ai remplacé l'indévissable par une vis à fente... droite.

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Souvenirs, souvenirs

Publié le par Prince Bernard

Cet été une éditrice m'a demandé des clichés de vélos couchés dans un décor de montagnes pour illustrer un ouvrage. Elle voulait des « clichés libres de droits », participant ainsi je suppose de l'élan actuel vers la suppression des droits d'auteur. Mais juste avant, elle m'avait demandé un cliché de la couverture de Tandem sur la Banquise, histoire de, sans le dire explicitement, échanger les droits contre de la publicité pour cette petite plaquette à l'italienne dont il doit bien me rester un millier d'exemplaires même si nous en donnons à tout visiteur de Montpoulet, tout visiteur en possession d'un visa s'entend, visiteur avec papier si l'on veut.

Ces clichés n'existaient encore que sur résines colorées, vous savez, ces espèces de tartines de confitures où la lumière creuse ici la fraise ou la mirabelle, là le cassis ou la tomate verte pour ne laisser passer que certaines couleurs quand on intercale la tartine entre une ampoule hallucinogène et un drap de lin blanc. Oui, c'est ça, j'avais oublié le nom, des dia-po-si-tives !

Il m'a donc fallu ressusciter le pilote d'un vieux scanneur à diapos, qui ne marche qu'avec Windows XP, extraire au Laguiole les tartines de leurs cadres sous verre, les ranger dans un petit chariot à crémaillère et que le scanneur a avalées avant de les recracher en millions de chiffres pour donner ça :

Dans les Landes et la Touraine...

dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...
dans le sud de l'Angleterre...

dans le sud de l'Angleterre...

...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...
...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...
...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...

...la vallée du Rhône et les Cévennes de l'Ardèche...

...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.
...à la Lozère.

...à la Lozère.

Souvenirs, souvenirs
Souvenirs, souvenirs
Souvenirs, souvenirs
Souvenirs, souvenirs

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Les bricoleuses

Publié le par Prince Bernard

Les bricoleuses
Les bricoleuses

J’ai mis longtemps à l’identifier celui-là, parmi le million d’espèces d’insectes connues (Il y en aurait autant d’inconnues d’après les entomologues ; comment peut-on dire que la biodiversité s'étiole quand on n'a pas encore recensé toutes les espèces, faudra qu’on m’explique), tout simplement parce que, s’agissant pourtant d’une vedette de Montpoulet, la fameuse mouche scieuse, ou sirex géant, j’avais affaire ce coup-ci à un mâle, sans l’oviducte et la tarière caractéristique en scie égoïne. Lorsque j’avais présenté ici la femelle j’avais ironisé sur ces métiers de la construction associés à notre faune et après la mouche scieuse, l’abeille charpentière et la guêpe maçonne, à quand, avais-je demandé, la fourmi carreleuse, le papillon plombier et le scarabée électricien ? C’était négliger avec ces deux masculins, honte à moi, et ce sirex mâle sans scie me le rappelle, le fait que chez les insectes semble-t-il, la femme est l’avenir de l’homme depuis longtemps et que c'est elle qui bricole.

 

Publié dans Faune pouletmontoise

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Topettelesmouettes

Publié le par Prince Bernard

Maintenant que nos vélos sont équipés du positionnement par satellites, il nous faut revoir quelques certitudes : le col d’entrée dans la Principauté est à 663 m d’altitude et non pas à 650 m comme je l’avais hâtivement calculé sur carte en espérant qu’il fasse ainsi lieu de rassemblement pour la Confrérie des 650 (il s’agit du diamètre de leurs roues, en millimètres, en derniers défenseurs du système métrique pour le vélo) et la distance au premier village français, Saint-Victor, n’est pas de 2 km mais très précisément de 1604 m (il s’agit donc pile d’un mile anglais, de quoi accélérer notre adoption des mesures impériales pour renforcer notre dossier de candidature au Commonwealth —l’objet d’un prochain article)

 

C’est d’ailleurs l’informatique géopositionnée qui nous a remis sur les vélos. Quel bonheur en effet que, sans avoir à péniblement installer un aimant sur un rayon puis un capteur sur une fourche puis le compteur sur un tube du cadre, puis des piles dans le compteur, que de savoir depuis quelle heure on roule, combien de kilomètres on a parcouru et à quelle vitesse moyenne et maximale, où l’on s’est arrêté et si c’était pour pisser ou pour prendre une photo, à combien de coups par minute son cœur bat et dans combien de temps, donc, on est sensé passer de vie à trépas. C’est donc grâce aux satellites américains et c’est certainement M. Obama qui veille ainsi sur nous.

Enfin, lui ou sa femme, puisque la première fois que j’ai utilisé l’application, c’est une voix de femme qui est sortie de la sacoche où j’avais enfermé la tablette, pour claironner les informations listées ci-dessus. Avec un abominable accent, il va sans dire ; elle a dû apprendre le français sur internet, Mme Obama.

Que des selfies à l'ancienne, au jugé.Que des selfies à l'ancienne, au jugé.
Que des selfies à l'ancienne, au jugé.
Que des selfies à l'ancienne, au jugé.Que des selfies à l'ancienne, au jugé.

Que des selfies à l'ancienne, au jugé.

Ce qui nous a surtout remis sur les vélos, à vrai dire, c’est la sollicitation amicale. Autant, ci-dessus, les membres des divers clubs auxquels nous appartenons que des amis lyonnais pour qui nous sommes les régionaux de l’étape Ardéchoise ou les guides indigènes en Terres Inconnues…

Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%
Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%

Col des Emballes à 14% et Dolce Via à moins de 4%

...que les cyclo-campeurs détournés en Principauté par les annuaires tels que Warm Showers ou Cyclo Accueille Cyclo. Nous avons ainsi reçu Marion dont les photos suivantes, encore des selfies à l'ancienne, viendront compléter celle de son blog : Topettelesmouettes

 

Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.
Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.

Le détail qui tue sur le vélo de Marion, c'est le bout de polystyrène sous la béquille.

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